Tebboune déclare la guerre aux bureaucrates : L’arme de la numérisation

Le président de la République a insisté, lors de son inauguration de certaines infrastructures à Oran, sur la levée définitive des obstacles bureaucratiques qui entravent l’investissement.

«Ces pratiques doivent cesser définitivement et je ne pardonnerai à personne», a-t-il proclamé au propriétaire d’un hôtel. Ce n’est pas la première fois qu’Abdelmadjid Tebboune met l’accent sur la nécessité de «libérer» les projets d’investissement des mailles du système bureaucratique. Tebboune avait même préconisé «d’adopter une logique purement commerciale dans le traitement du dossier du foncier économique», et ce, afin de lutter contre la bureaucratie, garantir la transparence des transactions et fournir un service public efficient.
La performance institutionnelle pourrait ainsi commencer par l’efficacité de l’administration publique à appliquer l’autorité et assurer aux citoyens un service public de qualité. Pour le président du Conseil national économique, social et environnemental, «la rigueur, qui s’exprime sous la forme de lois et de règlements internes des institutions, est considérée comme l’appui des systèmes sociaux. Elle préserve la structure sociale par la cohésion, l’ordre et le respect des droits d’autrui et l’accomplissement des devoirs, et maintient ainsi la cohésion sociale».
Reda Tir explique que «les différents changements qui ont affecté, aujourd’hui, la satisfaction des besoins du citoyen et son désir croissant d’obtenir facilement des services de qualité se heurtent à de grands obstacles, notamment dans l’aspect organisationnel, procédural et comportemental associé aux responsables du service et à l’absence de l’élément de rigueur qui a conduit à la propagation du phénomène de corruption et à l’ampleur des aspects négatifs de la bureaucratie».
Les Objectifs du développement durable ne peuvent, toutefois, être atteints sans une numérisation généralisée des différents secteurs, selon Souhil Meddah, économiste et expert financier. Pour lui, «les facilitations et les mesures incitatives relatives à l’investissement ne suffisent pas pour insuffler un nouvel élan à la vie économique». Il est très difficile, souligne-t-il, «de lever toutes les barrières administratives entravant l’acte d’investir sans la généralisation de la numérisation». Il explique, dans ce sens, que «l’investissement a besoin de conditions multidimensionnelles. Cette coordination demeure, néanmoins, le maillon faible dans la procédure devant précéder l’acte d’investir. Un parcours du combattant qui commence par les contraintes liées à l’accès au foncier industriel jusqu’à la viabilisation». Des difficultés qui peuvent être, dit-il, «évitées avec la numérisation, puisque le directeur d’aménagement est en contact direct avec l’ensemble des secteurs et les responsables concernés par la gestion locale. Tous ces intervenants sont incorporés dans la procédure qui concerne l’acte d’investir». Et d’ajouter que «l’accélération des procédures d’accès au service est à même d’encourager la liberté d’initiative, de garantir la transparence et d’asseoir une économie flexible».
Compte tenu de son rôle pivot dans la relance économique, l’intelligence artificielle et la transition numérique demeurent, faut-il le rappeler, une des priorités du chef de l’Etat à travers notamment le développement des technologies de l’information et l’élargissement de leur utilisation.
Assia Boucetta