Témoignages de victimes : «Ils volent à bord de moto pour se procurer de la drogue»

La montée d’un cran de ce fléau social inquiète, car il semble gagner des quartiers épargnés par les vols et les agressions.

Sur les hauteurs de la capitale, plus précisément à Dely Brahim, on voit émerger le vol à l’arrachée à bord de moto. Les agresseurs interviennent aux abords des écoles privées. Pour commettre leurs actes, ils se positionnent, tôt le matin, dans des endroits plus ou moins isolés, à quelques encablures desdits établissements. Souvent, deux jeunes personnes sur une moto se mettent à guetter les parents qui accompagnent leurs enfants. La proie la plus facile, ce sont les femmes qui, en pleine communication téléphonique, se font voler leur téléphone portable ou leur sac à main. «Il faut faire très attention, surtout le matin. Le quartier n’est plus en sécurité depuis quelque temps. Ce matin, nous avons assisté à une scène ahurissante. Deux jeunes sur une moto surveillaient une dame qui allait monter dans sa voiture. Et en une fraction de seconde, ils ont foncé sur elle et lui ont arraché son téléphone, la laissant sous le choc. Ils avaient pris la fuite. Impossible de les rattraper», raconte un marchand de volailles, témoin de la scène. À l’en croire, le même scenario a eu lieu, il y a quelques semaines, dans le quartier dit lotissement El Binna. Ici les «voleurs motards» tendent leur guet-apens à proximité des sociétés et de l’université pour cibler les gens qui se rendent le matin au travail et les étudiants. Les agresseurs subtilisent tout objet de valeur à leur portée avant de se volatiliser. «Les voleurs ne sont pas du quartier. Nous n’avons jamais eu affaire à ce genre d’agressions à Dely Brahim. Avec la crise et la cherté de la vie, nous risquons de se faire agresser pour une baguette de pain», ironise-t-il.
Bouzaréah, un traditionnel fief
À Bouzaréah, la délinquance s’est confortablement installée. Agressions et vols sont devenus une pratique courante, notamment dans la cité Beau Séjour et Chaâba. Face à ce fléau persistant, les habitants de la première cité sont contraints de s’acclimater en prenant leurs dispositions, car les agresseurs, issus du milieu de la drogue, agissent en gangs de quartiers.
«Beau Séjour est très connu pour les agressions à l’arme blanche et le vol en plein jour. Les délinquants n’attendent pas un moment précis pour commettre leur forfait, étant donné qu’ils sont tout le temps sous l’effet de la drogue et ont ce besoin incompressible de se procurer des stupéfiants. Nous nous sommes habitués à ce calvaire», relate Assma. Selon elle, malgré les dispositifs d’intervention des services de sécurité, il est «très difficile» de circonscrire et d’éradiquer ces bandes qui gangrènent les quartiers et sèment la terreur depuis des années.
Ce ne sont que deux témoignages de personnes qui ont assisté à des agressions dans leurs quartiers, alors que les bandes criminelles frappent partout et ne cessent leur «montée en gamme» de criminalité. Les braquages de motards et automobilistes en pleine autoroute et les cambriolages des maisons et locaux sont réduits à des faits divers signalés au quotidien sur les réseaux sociaux.
A. Mehdid