Tension sur l’huile de table : La nécessité d’une solution définitive   

Les causes de la perturbation dans l’approvisionnement en huile de table des commerces de détail persistent toujours. Cette situation revient à chaque fois sans pour autant trouver une solution définitive, et les consommateurs sont obligés de faire plusieurs supérettes pour avoir un litre d’huile.

Interrogé à ce sujet, le secrétaire général de l’Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA), Hazab Benchohra, écarte tout  manque de production ou de matières premières. «Les entreprises de l’agroalimentaire qui fabriquent l’huile de table sont en activité et la production ne s’est pas arrêtée et n’a pas diminué. Le problème est à chercher ailleurs», affirme d’emblée le SG de l’UGCAA.
Dans ce sillage, notre interlocuteur évoque, pour expliquer la pression sur ce produit de large consommation, les perturbations dans la distribution au niveau local. «La pénurie n’est pas généralisée à toutes les wilayas. Certains circuits de distribution sont respectés, mais d’autres sont rompus et les détaillants ne sont pas approvisionnés», ajoute-t-il.
D’ailleurs, Benchohra annonce une rencontre initiée par le ministère du Commerce pour se pencher sur cette problématique. «Au cours de cette semaine, la tutelle et les acteurs du secteur se réuniront pour identifier la source de ces perturbations persistantes et mettre en place des mesures efficaces et définitives», soutient-il.
Auparavant, le problème a été soulevé sans la possibilité de le régler. «Ce feuilleton revient à chaque fois et les  dispositions prises sont provisoires et n’ont pas mis fin à ce casse-tête. Les commerçants de détail sont à cet effet les plus touchés parce que leur marge de bénéfice est quasiment réduite, voire nulle», explique Benchohra.
D’ailleurs, selon lui, les commerçants de détail ne s’approvisionnent pas et ne vendent pas ce produit, sachant qu’ils n’ont pas de marge bénéficiaire conséquente. «Ils préfèrent dans ce cas-là éviter de le vendre sachant que c’est un produit subventionné et partant les prix sont plafonnés par l’Etat», fait-il remarquer.
Dans le même ordre d’idées, Samir, la trentaine,  gérant d’une supérette à Reghaïa, appuie les propos du SG de l’UGCAA : «Les prix des différents bidons, 1, 2 et 5 litres sont connus par les consommateurs. Etant un produit subventionné, les détaillants ne peuvent pas augmenter les tarifs de peur d’être sanctionnés. Par exemple, le litre de l’huile est vendu à 110 DA dans le marché de gros et à 130 DA au détail sans prendre en compte la marque. La bouteille de 2 litres est à 260 DA chez les grossistes et 280 DA dans les supérettes. Notre marge de bénéfice est de 20 DA. Les consommateurs  nous demandent des explications  alors que nous sommes aussi dans une situation inconfortable vis-à-vis d’eux», regrette-t-il.
Les consommateurs dans le désarroi
Les réseaux sociaux et les rumeurs qui circulent sur la pénurie de l’huile de table amplifient la non-disponibilité de ce produit. De fait, les consommateurs se ruent sur les supérettes pour se procurer le produit et le stocker. «Les raisons du manque de l’huile de table ne sont pas vraiment claires. Il est fait état de la baisse de la production. En revanche, certains grossistes expriment leurs appréhensions quant au stockage de ce produit qui pourrait être interprété comme de la spéculation et de manipulation des prix. D’autres évoquent le non-approvisionnement des détaillants et le fait que les prix appliqués ne leur conviennent pas», fait observer le président de l’Organisation de protection et d’orientation du consommateur et son environnement (Apoce),  Mustapha Zebdi.
En attendant une solution définitive à ce problème, les consommateurs n’ont pas d’autres substituts à ce produit et les ménagères ne peuvent donc s’en passer dans la préparation des repas.
Karima Dehiles