Théâtre de la Maison de la culture Mouloud-Mammeri : Ginette Aumassip et les marques du passé

Ginette Aumassip, doctoresse ès lettres, préhistorienne, géologue, spécialiste du Sahara, a mis à profit  sa présence à Tizi-Ouzou dans un premier temps revoir, avec beaucoup d’émotion, les murs de l’Ecole primaire supérieure (EPS) de Tizi-Ouzou aujourd’hui lycée Fatma-N’Soumeur où elle était enseignante durant deux années au milieu des années 50 en revoyant ces images d’elle sur une estrade à enseigner aux enfants du col des genêts avant qu’elle ne soit mutée à Alger. Comme, elle a saisi l’occasion qui lui a été offerte pour rendre un vibrant hommage au chercheur en anthropologie et écrivain feu Mouloud Mammeri avec lequel elle a eu à effectuer plusieurs missions de travail au Sahara algérien.

La présence de Ginette Aumassip à Tizi-Ouzou a été pour une conférence sous le thème «Les paléoclimats et le peuplement du nord de l’Afrique» qu’elle a animée à la salle du petit théâtre de la Maison de la culture Mouloud-Mammeri de la ville des genêts sur invitation du laboratoire des Eaux de l’Université Mouloud-Mammeri de Tizi-Ouzou(UMMTO). Sur Mammeri, Ginette Aumassip n’a pas tari d’éloges dans son évocation du personnage allant même jusqu’à le qualifier «du chef le plus agréables» d’entre tous ceux avec lesquels elle a eu à travailler, et ce «durant la dizaine d’années où j’ai eu à travailler à ses côtés». Et d’ajouter : «Je peux témoigner qu’il était toujours disponible, prêt à se sacrifier en étant un chef agréable et à l’écoute des uns et des autres.» Tout en évoquant le séjour saharien avec Mammeri, elle dira aussi qu’«il était le seul, parmi nous, capable de meubler de façon originale les longues soirées dans le désert». Elle rappellera que Mammeri «a laissé dans l’esprit des populations du Sahara algérien une marque aussi profonde que celle
qu’il a dû laisser ici dans sa Kabylie».
Abordant le sujet objet de sa  présence à Tizi-Ouzou, la conférencière tout en indiquant que «l’histoire ancienne de l’Afrique du Nord, est  un tout qui a été par les circonstances coupé et recoupé en fragments plus ou moins différents, mais qui trouve ses racines dans le passé le plus ancien de
l’humanité  et qui remonte à près de 2,5 millions d’années».
Étant invitée du laboratoire des Eaux de l’UMMTO, elle a aussi abordé la question des ressources souterraines hydriques du Sahara. Ainsi pour elle, il est important «de préserver ces ressources» au profit «des eaux de la mer qui restent intarissables». Comme elle a insisté sur la nécessité de traiter les eaux usées et surtout faire preuve de civisme en interpellant les ménages «à éviter le gaspillage».
 Rachid Hammoutène