Théâtre : «Keddab.com » ou la face noire de Facebook

Si la panoplie des nouvelles technologies offre à l’homme plus de moyens d’information, d’instruction et de divertissement, elle s’avère, dans bien des cas, une source de problèmes. Les réseaux sociaux notamment, sont un phénomène qui bouleverse, pour le meilleur et le pire, nos vies.

C’est  cette réalité qui a inspiré la Coopérative «les Nomades» de Bejaïa venue présenter, en marge du 14eFestival national du théâtre professionnel, sa pièce «Keddab.com» (menteur.com) produite en collaboration avec le Théâtre régional Abdelmalek-Bouguermouh de la capitale des Hammadite à la salle Hadj Omar du Théâtre national  algérien (TNA).

«Kedab.com», est une comédie sociale satirique, mise en scène par Linda Sellam d’après un texte de Mourad Senoussi traduit vers tamazight par Mohamed Yergui. Elle aborde le phénomène de la cyberdépendance et de l’infidélité conjugale  virtuelle qui entraînent un couple dans une spirale de scènes de ménage et dans un bourbier de mensonges, engendrés par les aventures émotionnelles virtuelles du mari sur les réseaux sociaux. Interprétée par le duo Mohamed Farchouli et Souad Haniz, l’œuvre raconte, avec humour et sarcasme, la vie tumultueuse d’un jeune couple dont le mari, porteur d’un projet dans le cadre de l’Ansej qui n’a pas abouti, passe de longues heures à parcourir les réseaux sociaux et à discuter sur des sites en quête d’aventures virtuelles. Malgré sa prudence, sa femme prend conscience de son comportement négatif qui le mène à recourir au mensonge et à inventer des justifications absurdes à son comportement.

Le public a suivi une série de situations amusantes construites sur une vision directe de l’essence du conflit entre les époux dont la vie est minée  par la  suspicion malgré les promesses de repentance  répétitives du mari et le pardon continuel de la femme. L’épouse universitaire et spécialisée en informatique a, à maintes reprises, surpris les agissements du mari en récupérant sur son ordinateur et son téléphone appels et e-mails. Désabusée elle finit par quitter le foyer conjugal pour enfin se libérer d’une relation toxique bâtie sur la suspicion et le mensonge.

Après le spectacle, Linda Sellam a souligné que l’œuvre théâtrale «alerte de manière artistique et intelligente sur les conséquences d’un nouveau phénomène qui menace la société». Selon elle, «il y a un détournement des réseaux sociaux que certains transforment en outils de destruction des familles». «Les relations familiales et sociales se désintègrent et deviennent froides, car chacun tourne son dos à l’autre et vit dans son propre monde», a-t-elle conclu.

Hakim Metref