Tipasa : Essor et contraintes de la viticulture

Depuis 2016, la surface dédiée à la viticulture dans la wilaya de Tipasa a sensiblement augmenté, passant de moins de 2.000 ha à 3.000 actuellement.

Avec l’introduction de la technique de la culture de la vigne en pergola, le rendement a également doublé. «Grâce au partenariat (agriculteur-investisseur), plus de 1.000 ha, auparavant consacrés à des cultures à faible rendement, ont été reconvertis vers la viticulture»,  affirme Choukri Benchabane, secrétaire général de la chambre d’agriculture à Tipasa. Et d’ajouter : «Quasiment l’intégralité des nouvelles exploitations est cultivée depuis 2016 en pergola. Les rendements oscillent entre 700 et 800 q à l’hectare, alors qu’avec les anciennes techniques, ils tournaient autour d’une moyenne de 400 q/ha. Mieux, nous récoltons différentes variétés.»
Selon notre interlocuteur, les performances réalisées dans la filière sont le résultat des investissements et du respect de l’itinéraire technique, à commencer par la sélection du porte-greffes, dont le choix est tributaire des résultats des analyses du sol. «La vigne est cultivable sur tout le territoire de la wilaya et des coteaux la parcourant en longueur», souligne le même responsable. Dans le but d’optimiser les récoltes, une campagne de sensibilisation et de vulgarisation au profit des viticulteurs débutera aujourd’hui. Outre la chambre d’agriculture, des techniciens de la station régionale d’Alger relevant de l’Institut national de la protection des végétaux et de l’Institut technique de l’arboriculture fruitière et de la vigne et l’inspection phytosanitaire des végétaux, relevant de la direction des services agricoles de Tipasa, des représentants de l’association de wilaya des viticulteurs et le conseil interprofessionnel de l’arboriculture et de la vigne de Tipasa y prendront part. «L’opération sera entamée depuis la commune d’Aïn Tagouraït qui dispose d’un fort potentiel dans cette filière. La vulgarisation sera axée sur le calendrier adéquat des traitements d’hiver et le bon choix des porte-greffes, mais aussi sur les techniques de la taille», explique Benchabane.
Toutefois, l’essor de la filière qui ne cesse de se développer de campagne en campagne fait face à des contraintes liées notamment à l’écoulement de la récolte. Si l’on se réfère à l’année dernière, le prix du produit a sensiblement baissé à cause d’une offre abondante. La mévente du produit risque, si d’autres débouchés ne sont pas mis en place, de freiner l’élan de la filière. La transformation et l’exportation sont deux canaux privilégiés pour les viticulteurs qui déploient des efforts pour que le produit réponde aux normes.
Amirouche Lebbal