Tizi-Ouzou : La spéculation booste la pénurie

«Les produits de première nécessité sont disponibles en quantités suffisantes. Toutefois, les commerçants refusent de s’approvisionner avec facturation.»

C’est ce qu’indique un chef de service au niveau de la direction du commerce de la wilaya de Tizi-Ouzou. Djamel Halit fera part de la situation qui prévaut sur l’huile de table et le sucre. Pour lui, la pénurie ou l’absence de l’huile dans les étals est provoquée «d’une part par le refus des commerçants de se voir établir des factures et d’autre part par la culture de stockage de nos ménages de peur de ne pas trouver à nouveau le produit».
S’agissant du lait pasteurisé, là encore, le responsable révèle que «la quantité de lait pasteurisé n’a pas du tout baissé au niveau des laiteries de la wilaya». «Nos laiteries produisent la même quantité depuis un moment», lâche-t-il en pointant du doigt la culture de consommation qui a changé chez le citoyen. «Outre cette idée du lendemain incertain en matière d’approvisionnement, les ménages, devant la hausse des prix des produits laitiers, confectionnent eux- mêmes leurs yaourts et fromages, d’où les besoins en lait sont plus importants», soulignera-t-il. Il mettra en exergue que «la pénurie enregistrée sur le lait en étui faute de production des usines spécialisées dans ce type de produit a fait que les habitués de ce lait se sont rabattus sur le lait en sachet». Il reste que des vendeurs au niveau de certains points de distribution de ce lait en sachet font aussi dans la spéculation, en cédant d’importantes quantités aux cafetiers et autres commerçants au détriment des ménages pour lesquels ce lait subventionné est destiné. Ainsi, à raison de 200 sachets pour chaque livraison, ce sont 50 ménages qui en sont privés, soit 100 sur la journée.
Interrogé pour sa part, un patron d’une grande surface à Tizi-Ouzou déplore l’absence en quantités suffisantes des produits chez le fournisseur. «Habituellement, nous recevons quotidiennement cinq à six palettes de 168 bidons de 5 l. Aujourd’hui, on nous livre uniquement une à deux palettes. Comment satisfaire une clientèle estimée à 2.000 personnes/jour ?»
Aussi, à l’instar des autres wilayas du pays, Tizi-Ouzou subit, elle aussi, les contrecoups de la spéculation qui booste la pénurie.
Si bien que les ménages interpellent plus que jamais les pouvoirs publics pour sévir et surtout mettre à la disposition du citoyen l’élément vital qu’est le lait qui brille par son absence.
Rachid Hammoutène