Tizi Ouzou : Les PME pâtissent de la bureaucratie

Bien que les pouvoirs publics s’efforcent de relancer la machine économique, il reste un élément qui pose toujours problème : la bureaucratie.

C’est par ces mots que le délégué  local de la Confédération algérienne du patronat (CAP), Yacine Aït Benamara, évoque les difficultés rencontrées par les jeunes investisseurs dans le cadre des petites et moyennes entreprises (PME). Pour ce jeune entrepreneur, le mal se trouve dans les arcanes de l’administration locale et des banques, mais aussi chez les prestataires de services publics. Des propos étayés par Lakhdar Madjène, président de la Chambre de commerce et d’industrie de la wilaya de Tizi Ouzou. Les deux responsables reconnaissent que les PME dans la wilaya de Tizi Ouzou traversent une crise difficile ces derniers temps, engendrant la disparition de plusieurs d’entre elles. «Les entreprises ont eu du mal à résister à pratiquement trois années de contraintes et de turbulences, notamment en raison de la crise sanitaire. Nombreuses ont été celles à mettre la clé sous le paillasson. Notamment celles qui n’ont qu’une seule activité», dit Madjène. Pour Aït Benamara, outre ces problèmes liés à la pandémie, il relève «les blocages administratifs et l’acharnement de l’administration fiscale  notamment sur les entreprises activant dans le secteur du BTPH avec les saisies d’arrêt et autres avis à tiers détenteurs. Le délégué de la CAP pointe aussi du  doigt les lenteurs et les blocages  des prestataires de services comme la Sonlegaz et l’ADE «qui découragent plus d’un investisseur avec ce parcours du combattant pour obtenir un branchement aux réseaux d’électricité, gaz et eau». Des blocages confirmés par Madjène qui est aussi vice-président de la Caci : «Les lenteurs au niveau de la Sonelgaz sont souvent le fait de l’infructuosité des avis d’appel  d’offres due essentiellement aux lenteurs entre la finalisation du devis et la publication de l’avis d’appel d’offres, puisque  beaucoup d’eau a, entre-temps, coulé sous les ponts des marchés qui subissent des fluctuations des coûts des matières qui sont souvent revus à la hausse.»
Parcours du combattant
Les deux managers dénoncent aussi les lenteurs et la frilosité, voire même la réticence des banques qui refusent d’accompagner les investisseurs dans leurs projets. Une attitude que les deux hommes ne comprennent pas alors que toutes les garanties sont données par les promoteurs de projets. «L’acte bancaire doit être libéré», diront-ils. Yacine Aït Benamara fait aussi part de la rétention  de l’information au niveau de certaines administrations. «Trouvez-vous normal que l’on soit informé par d’autres wilayas quant à certaines facilitations et autres avantages accordés par les pouvoirs publics alors que les mêmes notes sont parvenues en même temps à toutes les directions concernées de notre  wilaya.» Mieux, Madjène, qui acquiesce  sur le sujet, fait remarquer que «nous sommes contraints de faire pression sur les services en question pour qu’on ait accès à ces informations». Ce dernier dénonce  le sous-fifre du coin de l’administration. «Malgré la bonne volonté de certains responsables d’accorder toutes les facilités, il se trouve toujours un petit zigoto pour vous bloquer et vous mener la vie dure.» Mieux, Madjène déplore, pour  ne pas dire dénonce avec véhémence, la personnalisation des dossiers dans leur traitement. Ainsi, pour lui, «il suffit que la personne en charge de votre dossier s’absente ou tombe malade, pour une longue durée, pour voir ce dernier prendre le temps de la convalescence ou de l’absence  du  fonctionnaire pour son traitement». Si bien que, pour lui, «il est grand temps que l’administration mette un terme à ce genre de pratiques».
Rachid Hammoutène