Tizi-Ouzou : Maison de l’entrepreneuriat, le cordon ombilical entre l’université et le monde économique 

La maison de l’entreprenariat de l’université Mouloud-Mammeri de Tizi-Ouzou (UMMTO) constitue aujourd’hui un vivier pour les jeunes désirant créer leur propre entreprise. En effet, cette nouvelle institution permet aux jeunes diplômés de l’université de s’imprégner du monde  de l’entreprise avant même qu’ils n’achèvent leur cursus universitaire.

«La  maison de l’entrepreneuriat (METO) a été mise en place afin d’impliquer et mieux préparer les étudiants à l’initiative entrepreneuriale», souligne la directrice de la structure, Mme Sabrina Amnache-Chikh. Elle rappelle que cette dernière a été créée par l’ex-ANSEJ en partenariat avec plusieurs universités algériennes.  Tout avait débuté avec cette expérience pilote qui a été lancée à l’université de Constantine en 2007 avant d’être élargie en 2014 à d’autres établissements suite aux résultats concluants de la mise en œuvre de ce concept.  La responsable signale que la dénomination de maison «révèle un caractère convivial et un engagement volontaire plus conforme à l’esprit recherché».
La METO a axé son travail préalable sur les actions de sensibilisation et de formation qui viennent en complément de la formation académique acquise et portent sur la préparation et la familiarisation des étudiants ou jeunes diplômés au processus concret de créativité et d’innovation, de création d’entreprises, de connaissance de l’environnement de l’entreprise, mais aussi d’acquisition de l’esprit d’initiative et d’entrepreneuriat, en particulier dans les technologies nouvelles. Concernant les objectifs assignés, il s’agit, entre autres, de formations qui porteront sur la préparation et la familiarisation des étudiants ou jeunes diplômés au processus concret de créativité et d’innovation, de création d’entreprises et de connaissance de l’environnement. Formations qui permettront l’acquisition de l’esprit d’initiative et de l’entrepreneuriat en particulier dans les technologies nouvelles.  Sa directrice fait aussi part des ambitions de la maison de l’entrepreneuriat au cours de l’année universitaire 2021/2022. «La METO compte élargir son périmètre d’action en particulier en matière de sensibilisation et d’information, encourager et accompagner la promotion de nouveaux projets innovants, former des compétences entrepreneuriales et consolider le partenariat avec les différents acteurs économiques et ceux animant les différents dispositifs prévus.» Aussi, pour elle,  ces objectifs s’articulent autour de trois axes, à savoir l’information systématique et actualisée sur les dispositifs d’encouragement à la création d’entreprises innovantes et de startup ; l’organisation de formations plus adaptées aux méthodes et techniques de créativité et d’innovation, à la création de startup, à la conception de business model, techniques de négociations et, enfin, l’encouragement et l’accompagnement pour la création et le développement de projets concrets et innovants pouvant aboutir à la création d’entreprise ou à trouver des solutions innovantes aux problèmes d’entreprises existantes, particulièrement durant cette conjoncture de crise sanitaire.
Encourager l’esprit d’initiative
Les missions de la METO portent sur la sensibilisation et la préparation des étudiants à l’activité entrepreneuriale et à la vie active en général, l’encouragement de l’esprit d’initiative et de création de micro-entreprises chez de jeunes étudiants ou diplômés, favoriser les échanges avec les principaux acteurs de cet environnement (administrations fiscales, parafiscales, banques, administrations publiques, collectivités locales, partenaires potentiels…) et fournir un espace de travail avec des moyens adéquats (salles de réunions, bureaux…), des services d’accueil, de consulting et de conseil. Quant au bilan de la METO, elle a organisé depuis 2017 des sessions de formation TRIE et de CREE (anachronismes usités par les institutions relevant du Bureau international du travail) qui signifient Trouver l’idée d’entreprise (TRIE) et Créer votre entreprise (CREE). Ainsi  pour le TRIE, elle a organisé 5 sessions de formation pour 69 étudiants parmi les 85 inscrits en 2017 et 7 autres en 2018 au profit de 177 étudiants parmi les 225 inscrits. Alors que pour celle du CREE ce sont 14 étudiants parmi les 17 inscrits qui en ont bénéficié. En 2019, et à l’instar de tous les secteurs dans le pays, la METO a enregistré un important ralentissement de l’activité du fait de la crise sociopolitique avec le mouvement du Hirak et les grèves fréquentes des étudiants ainsi que la crise sanitaire générée par le coronavirus.
«Mais malgré tous ces aléas nous sommes parvenus tout de même à former 42 étudiants», précisera la directrice de la structure, Mme Sabrina Amnache-Chikh,qui fera remarquer que «le nombre d’étudiants formés en 2020 était de 16 contre 36 en 2021».
Il reste qu’à la lecture des chiffres présentés, nous constatons que de nombreux inscrits tournent souvent le dos à la formation. «Cela s’explique par le fait qu’un certain nombre se sont vite démobilisés si bien qu’il va falloir plus de travail de sensibilisation sur l’importance de ces formations, mais aussi pour bon nombre de cas ces absences sont dues aux activités pédagogiques des étudiants notamment du fait des TD, examens et autres», expliquera la directrice de la METO. Non sans nous indiquer qu’un travail «de sensibilisation est engagé dans ce sens, mais aussi pour trouver les voies et les moyens de contourner la démotivation et l’absentéisme des étudiants, notamment lors des périodes des examens qui sont à éviter, voire programmer des formations le samedi, mais aussi améliorer les conditions matérielles de la maison de l’entrepreneuriat en mettant à sa disposition un espace de travail adéquat».
Enfin, la responsable recommande de tisser un réseau des différents agents économiques autour de cette structure, afin qu’ils accompagnent les jeunes porteurs de projets, d’assurer dans les programmes officiels des modules sur l’initiation à l’entrepreneuriat et aller vers la création d’un incubateur à Tizi-Ouzou, afin d’accompagner la création concrète de petites entreprises et de start-up.»
Rachid Hammoutène