Toufik Hasni, expert consultant en transition énergétique : «La sécurité énergétique va primer sur la dimension économique»

L’opportunité s’y prête. Avec son potentiel en énergies fossiles et renouvelables, l’Algérie est un partenaire de choix pour plusieurs pays ; un acteur régional majeur dans le dossier énergétique. Pour Toufik Hasni, consultant en transition énergétique, l’Algérie doit adapter sa stratégie selon les évolutions géopolitiques. Selon lui, le potentiel de l’Algérie est très important mais les autorités doivent être conscientes de la nécessité d’aller vers l’élaboration d’une vraie stratégie énergétique. Une tâche qui incombe au Conseil national de l’énergie (CNE). Cette nouvelle stratégie doit être basée sur le modèle de consommation énergétique national et international en prenant en compte tout ce qui se passe au niveau mondial en termes de conflit et de changements climatiques. Tous ces facteurs, selon lui, doivent pousser notre pays à revoir sa stratégie énergétique en choisissant des partenaires fiables comme l’Italie ou l’Allemagne. L’expert estime que tout ce qui se passe actuellement autour du gaz n’est que le résultat de la prise de conscience des pays européens que leur sécurité énergétique est basée sur le gaz. «La crise russo-ukrainienn e a démontré que la dimension de la sécurité énergétique va primer sur l’aspect économique», affirme-t-il. «Et d’ajouter : «cela signifie qu’on préférerait voir une source de gaz venant d’un pays ami qui ne peut pas l’utiliser comme arme plutôt que d’avoir une source qui ne garantit pas la sécurité énergétique». Reste que pour Hasni, l’Algérie doit penser à revoir sa consommation énergétique en optant pour le solaire. «Nous avons l’équivalent de 40.000 milliards m3 en solaire thermique.
C’est l’avenir du secteur énergétique en Algérie», a-t-il insisté. L’expert fait savoir que cette nouvelle stratégie basée sur le solaire thermique ne va pas plaire aux ennemis de l’Algérie. «Ils sont en train de nous orienter vers le photovoltaïque et l’hydrogène qui sont des investissements énormes et n’apportent rien à notre économie et à notre sécurité énergétique», a-t-il ajouté. Selon lui, la solution serait de garder le gaz naturel pour la production d’engrais et de matières plastiques au lieu de produire de l’électricité.
 Samira Belabed