Transplantation d’organes : Relance des dons à partir de personnes décédées

En dépit des contraintes liées à la crise sanitaire, 223 transplantations rénales et 334 greffes de cellules souches ont été réalisées en 2021. C’est ce qu’a annoncé, ce samedi, le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière.
Intervenant à l’ouverture de la Journée d’évaluation des activités de transplantation d’organes, de tissus et de cellules à l’Institut national de santé publique (INSP),Abderrahmane Benbouzid a félicité les équipes médicales qui ont relancé l’activité. «Le bilan des greffes de reins en 2021 est égale à celui de 2019», s’est-il félicité.
Benbouzid a ensuite annoncé la relance cette année 2022de la transplantation à partir de personnes décédées cliniquement, invitant au passage les acteurs de différents secteurs à sensibiliser sur l’importance de l’opération. «Plusieurs textes de loi portant sur l’organisation de l’activité de greffe d’organes, en particulier le prélèvement d’organes chez les patients en état de mort encéphalique, «sont en cours d’étude» au niveau du secrétariat général du gouvernement», a-t-il ajouté. Pour se mettre au diapason des pays développés, le ministre a fait part de l’intégration de nouvelles technologies pour l’établissement de listes d’attente numériques.
Selon le Pr Rabah Boultifet, porte-parole de l’Agence nationale des greffes (ANG), «la numérisation à l’échelle nationale est impérative en prévision de la relance des dons à partir de donneurs décédés».
Rappelons que la greffe à partir de donneurs décédés se fait actuellement de manière timide. «Quatre greffes seulement ont été déjà enregistrées, mais lorsqu’on arrivera à 4-5 prélèvements par semaine à partir de personnes mortes, il faut savoir d’avance à qui seront attribués ces organes», explique Boultifet. «L’attribution se fera de façon anonyme et l’ANG en décidera en fonction de plusieurs critères», précise le spécialiste en chirurgie.
Benbouzid a par ailleurs révélé qu’une rencontre a été déjà organisée avec le Haut-Conseil islamique qui a donné son approbation concernant la transplantation d’organes à partir de personnes décédées. Il amis également l’accent sur «l’importance du registre des refus de don d’organes, lancé en 2021, pour faciliter l’opération d’identification des donneurs en état de mort cérébrale». La mesure vient en application de l’article 362 de la loi relative à la santé, promulguée en 2018, laquelle stipule notamment que le refus peut être exprimé par, entre autres, l’inscription sur le registre des refus au niveau de l’Agence nationale des greffes (ANG) .
Enfin le Pr Hocine Chaouche, président de l’ANG, a fait savoir que «la greffe de la cornée, technique parfaitement maîtrisée en Algérie, se fera sans recourir à son importation». Il y a lieu de rappeler que l’Algérie a besoin de 1.500 à 2.000 cornées pour répondre à la forte demande.
Samira Azzegag