Travaux publics : La RN06 au centre des préoccupations

La réhabilitation et la modernisation du tronçon de la RN06, qui traverse la wilaya de Bordj Badji Mokhtar du nord au sud et relie le chef-lieu de wilaya jusqu’à la commune de Timiaouine, est en quelque sorte le projet du siècle pour la population locale, et ce, à bien des égards.

Cet axe qui relie la ville d’El Bordj à Reggane sur 650 km est dans un état de dégradation sur plusieurs sections, à telle enseigne que la durée du trajet moyen pour se rendre d’Adrar à Bordj Badji Mokhtar (800 km) en véhicule à quatre roues motrices est de 12 heures, voire plus. Pour les camions de transport de marchandises, il faut compter trois à quatre jours, alors qu’aucun bus n’assure, pour le moment, la desserte. Cela va sans dire que cette situation est pénalisante, à plus d’un titre, pour les citoyens de la wilaya et l’essor du développement local. Réhabiliter cette route est la préoccupation la plus urgente, que ce soit pour l’exécutif de la wilaya ou au niveau central. En tout cas, c’est ce qu’affirme Mohamed Amine Adjal, directeur des travaux publics à Bordj Badji Mokhtar. «Les pouvoirs publics, à tous les niveaux, accordent une attention particulière à ce projet qui représente l’un des ressorts pour encourager fortement le développement socio-économique de la wilaya et sa réalisation sera un acquis majeur pour la population locale», tient-il d’abord à dire. Actuellement, les travaux vont bon train pour réceptionner deux sections de ce tronçon. «Le premier projet qui consiste en la réhabilitation et la modernisation d’une section de 40 km sur l’axe Bordj Badji Mokhtar vers Reggane connaît un taux d’avancement de 70%. Il est réalisé par des entreprises publiques», déclare, à ce propos, le directeur des travaux publics. Le deuxième projet, en cours, porte sur la réhabilitation et la modernisation d’un tronçon de 140 km, toujours sur le tronçon Bordj Badji Mokhtar vers Reggane. «Ce deuxième projet, confié à un groupement de quatre entreprises publiques, est actuellement à un taux de 30% de son exécution. En dépit des difficultés rencontrées, relatives notamment à la nature et au climat de la région, les entreprises engagées ont fait montre d’une détermination admirable pour livrer le projet dans des délais les plus optimaux», reconnaît-il. Outre ces deux projets, des propositions ont été formulées pour la mise en œuvre d’un programme d’envergure réparti en deux lots. Le premier a trait à la réhabilitation et la modernisation d’une section longue de 200 km sur l’axe Bordj Badji Mokhtar-Reggane et le second reliant Bordj Badji Mokhtar à Timiaouine sur 150 km. «L’addition de tous ces projets réglera le problème de la RN06 à hauteur de 90%, soit quasiment la totalité», prévoit Mohamed Amine Adjal. Ainsi, d’ici 2025, la RN06 verra enfin le bout du tunnel.

Des ambitions tous azimuts
Dans le même registre, le directeur des travaux publics a fait savoir que le réseau routier déjà classé de la wilaya totalise 709,24 km. «De ce total, 504 km représentent une route nationale, 183,24 km forment le réseau de chemins de wilaya et 22 km de chemins communaux. A ce réseau, il faut ajouter 236 km de pistes bitumées non classées et 512 km de pistes non classées», détaille le même responsable. Et d’ajouter : «Des projets de réhabilitation, de modernisation, d’entretien et de bitumage sont en cours alors que d’autres sont à l’arrêt, en attendant la réception des projets de pose de réseaux d’assainissement entre autres.» Avec son nouveau rang de wilaya de plein exercice, avec tout ce que cela suppose comme avantages au bénéfice de la population et du développement local, Bordj Badji Mokhtar voit désormais grand et compte bien rattraper le retard qu’elle accuse en termes d’infrastructures routières. Dans ce sens, il est question d’élargir son réseau routier pour relier ses zones éparses et ouvrir de nouvelles jonctions routières avec les wilayas limitrophes afin de faciliter le commerce et les déplacements. «Nous comptons plusieurs propositions d’études en ce sens. Que ce soit pour desservir les zones éparses afin de contribuer à l’effort de désenclavement ou bien pour un projet de route reliant Bordj Badji Mokhtar à In Salah», confie le même vis-à-vis. Et d’ajouter : «Nous avons également formulé une proposition d’étude d’ouverture d’une deuxième piste de décollage à l’aéroport de Bordj Badji Mokhtar.»
 A. L.