Tubes éternels : Le succès qui sert et dessert

Il est des chanteurs qui ne doivent leur célébrité qu’à une seule chanson.  D’autres en enregistrent des dizaines mais leur image reste liée à un succès qui éclipse, parfois, jusqu’à leurs noms.

Ainsi d’Abdelmadjid Meskoud qui a produit de très belles chansons et Qaçaid mais la plus écoutée reste «El Assima», hymne de douleur et de nostalgie pour Alger. L’image de Mohamed Lamari qui a beaucoup enregistré est directement liée à «Djazairia». «El Hamdoulillah MabqachIstiîmar Fi Bledna» est la plus diffusée à la télévision, et le pionnier du chaâbi Hadj M’hamed El Anka chante à merveille toutes ses qaçaïd mais «El Hmam Elli Rebbitou» reste indétrônable. C’est à peu près le même cas pour Guerouabi dont les 45 tours se vendaient comme des petits pains dans les années 1970. «Allo Allo», «Megouani Sahrane», «Ya Goumriet Lebroudj» et d’autres chansons furent de grands succès durant des années mais «El Barah» écrite et composée par Mahboub Bati représente en premier le chaâbi moderne de Guerouabi. Dahmane El Harrachi, le plus populaire des chanteurs chaâbi au côté de Amar Ezzahi avait  battu le record de vente de vinyles avec notamment «Zoudj Hmamet», «Ya Kassi», «Nekkaret El Melh» mais c’est «Ya Rayeh» qui  vient spontanément à l’esprit car, peut-être elle est la plus reprise par les autres chanteurs et la plus diffusée surtout à l’étranger. De grands artistes semblent même souffrir de n’être connus que par l’enregistrement d’une seule chanson. Parmi eux, il y a El Ghazi auquel on demande à reprendre «Mahla Dhikel âchya» chaque fois qu’il est invité pour parler de sa carrière. Le maître du chaâbi Reda Djilali (fils du muphti Abderrahmane Djilali) avait également été mis à l’ombre par son grand succès Ya Ali Chouf Djbel El Gherb. Le milieu du chaâbi ne voit également Hassen Said qu’à travers Sifet Echemâa alors que le chanteur avait mené une belle carrière et enregistré d’autres belles chansons telles que Chefetni MerraLella. Sife tEchemâa est également liée à Nardjess qui a eu d’autres succés et garde à ce jour sa belle voix. L’image de Nadia Benyoucef est également couverte par Ya Loumima alors qu’elle a enregistré plusieurs tubes dont Ya Lkhatem et le duo avec Chaou, Ya Loualdine.
Le succès qui fait mal
Rahma Boualem a également été victime de son propre succès en enregistrant «Ya Lmouima Edîli Belkhir». Ses disques dont «Baloun Ballouna» avaient, pourtant, eu du succès dans les années 1960 – 1970. La chanson phare de Chaou Abdelkader reste à ce jour «Ya Lâdra Ouine Moualik» bien que «Djah Rebbi Ya Djirani» lui colle aussi à la peau.  Dans  la chanson kabyle, le doyen Akli Yahiatene nous a offert de très belles chansons comme «Tamurtiw», «Ayaxam» mais on ne peut le citer sans voir son image interprétant «YalMenfi» ou « ZrighZine di Michelet». Même Idir, dont les tubes sont nombreux, demeure toujours celui qui a interprété l’immortel «Ava Inouva».
La chanson «Chenoud»  qui a fait connaître Noureddine Hassani  l’a carrément éclipsé puisqu’elle est devenue carrément son nom d’artiste. La chanson phare peut, en somme, servir ou desservir un chanteur.
Bari Stambouli