Ukraine : La guerre fait rage

Au vingt-cinquième jour de  son opération militaire spéciale en Ukraine, la Russie  ne ménage aucun effet pour s’imposer sur le terrain alors que les discussions se poursuivent pour mettre fin à ce conflit. Elle a déclaré, ce samedi, avoir utilisé la veille des missiles hypersoniques «Kinjal» pour détruire un entrepôt souterrain d’armements dans l’ouest de l’Ukraine.

Selon l’agence d’Etat Ria Novosti, son emploi est une première.  Ce type de missiles, très manœuvrable, défie tous les systèmes de défense anti-aérienne, selon le ministère de la défense.  «Le 18 mars, le complexe aéronautique Kinjal avec ses missiles balistiques hypersoniques a détruit un important entrepôt souterrain de missiles et de munitions de l’aviation de l’armée ukrainienne dans la localité de Deliatine, dans la région d’Ivano-Frankivsk», a annoncé le porte-parole du ministère, Igor Konachenkov. Les missiles balistiques hypersoniques «Kinjal» et ceux de croisière «Zircon» appartiennent à une famille de nouvelles armes développées par la Russie et que le président Vladimir Poutine qualifie d’«invincibles». Testés avec succès en 2018, les Kinjal («poignard» en russe) ont atteint,  lors des essais, toutes leurs cibles à une distance pouvant atteindre plus de 1.000 km, selon Moscou.  Ils équipent les avions de guerre Mig-31.
Parallèlement à l’utilisation de cet armement sophistiqué, les bombardements se poursuivent  à travers  l’Ukraine, en particulier pour la très convoitée ville de Marioupol (sud-est). L’armée russe a affirmé vendredi avoir réussi à y pénétrer et combattre en centre ville aux côtés de troupes de la «république» séparatiste de Donetsk.  La prise de Marioupol serait un important tournant dans la guerre et  permettrait à la Russie d’assurer une continuité territoriale entre ses forces  venues de la Crimée annexée (sud) et les troupes du Donbass (est).
Zelensky estime qu’il est temps de discuter
Dans ce contexte, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a jugé  qu’il était temps pour Moscou d’accepter de se «réunir» pour «discuter» sérieusement de paix afin d’éviter à la Russie des conséquences «sur  plusieurs générations». «Des négociations portant sur la paix et la sécurité pour l’Ukraine sont la  seule chance pour la Russie de minimiser les dégâts causés par ses propres  erreurs», a dit M. Zelensky dans une vidéo publiée sur Facebook, filmée de  nuit dans une rue déserte. «Il est temps de nous réunir. Il est temps de discuter. Il est temps de  restaurer l’intégrité territoriale et la justice pour l’Ukraine», a-t-il plaidé. «Autrement, a-t-il prévenu, les pertes pour la Russie seront telles qu’il faudra plusieurs générations pour qu’elle s’en remette».
 Plusieurs rounds de tractations entre Kiev et Moscou se sont déroulés en présentiel et par visioconférence depuis l’invasion russe de l’Ukraine lancée  le 24 février. Le dernier en date, le quatrième, s’est ouvert lundi dernier au niveau  de délégations négociant à distance.
 Le chef de la délégation russe a évoqué vendredi en début de soirée un  «rapprochement» des positions sur la question d’un statut neutre de l’Ukraine –à l’instar de la Suède et de l’Autriche– et des progrès concernant la démilitarisation du pays. Il a toutefois relevé des «nuances» à propos des «garanties de sécurité» réclamées par l’Ukraine.
 Mais un membre de la délégation ukrainienne, le conseiller de la présidence Mikhaïlo Podoliak, a indiqué que les «déclarations de la partie russe ne sont que leurs demandes de départ».    Selon lui, la position de Kiev n’a pas changé: cessez-le-feu, retrait des troupes (russes) et garanties de sécurité fortes avec des formules concrètes.
S. C.