Un cout de plus de 85 millions de centimes : Les agences de voyages s’expliquent

Le prix du hadj a été communiqué récemment par l’Office national du hadj et de la omra, fixé à 856.100 DA, frais du billet inclus. Un coût exagéré et inabordable pour les Algériens qui ont réagi avec force sur les réseaux sociaux. Les agences de voyages tentent, de leur côté, d’expliquer cette hausse, constatée au niveau de tous les pays arabes.

Les médias sociaux bourdonnaient de réactions au sujet de l’augmentation des prix du hadj. En effet, il est passé de 525.000 DA en 2018 à 856.100 DA en 2022. Une augmentation de près de 300.000 DA, après que le hadj ait été suspendu pendant deux ans par les autorités saoudiennes. Zakaria Boutamine, gérant d’une agence agréée pour l’organisation du hadj, dit n’avoir pas encore reçu de détails sur les conditions du pèlerinage cette année de la part de l’Office national du hadj. Néanmoins, son agence sera en charge de 150 pèlerins. «Pour cette année, 18.000 Algériens accompliront le hadj. Nous serons chargé de 150, tout autant que les autres agences agréées», assure-t-il. Concernant le prix affiché, il comprend, selon notre interlocuteur, les frais du billet, de l’hébergement et les services de base. Toutefois, il reste inabordable pour bon nombre d’Algériens qui souhaitent se rendre sur les Lieux Saints. Boutamine rappellera que le coût du pèlerinage n’est pas fixé par l’Etat, mais par les autorités saoudiennes. «Il est décidé par rapport aux coûts des rituels et des dépenses à prévoir dès l’arrivée des pèlerins dans le Royaume saoudien», souligne-t-il. Une augmentation, poursuit-il, due plusieurs facteurs qui, mis côte à côte, font grimper les prix. «La pandémie rend obligatoire la multiplication des mesures barrières pour limiter la propagation du virus. Celles-ci vont de la qualité des prestations à l’hébergement. Les services de base sont également concernés», explique-t-il.
Il y a aussi d’autres facteurs, tels que le prix du transport, notamment par les compagnies aériennes qui assurent les vols en destination des Lieux Saints, qui a augmenté après deux ans d’inactivité. Selon le gérant de l’agence Zemzem Voyage, le transport depuis et vers l’aéroport de Djedda, à destination de La Mecque et Médine et autres lieux du pèlerinage, a également vu ses prix augmenter. «S’ajoutent à cela, les frais d’hébergement, de restauration, de visa et de l’assurance maladie en plus de la taxe sur la valeur ajoutée, réalisée par les agence de voyages», ajoute-t-il. Il fera savoir que la valeur du riyal saoudien a également augmenté. Un coût qui vient s’ajouter aux multiples augmentations, calculées en dinars. Il fera savoir que le prix des services a augmenté en raison des mesures préventives contre la Covid-19. «Les capacités d’hébergement ont été réduites par deux en raison des mesures anti-covid, ce qui fait inévitablement grimper les prix»,  poursuit-il
Du côté des pèlerins, de vives réactions se font lire sur les réseaux sociaux. «J’ai attendu toute ma vie pour visiter la maison de Dieu», écrit Fatima Hadri, sur un forum consacré au hadj. Selon elle, les prix affichés l’obligent à être plus regardante sur les dépenses une fois sur les Lieux Saints. «Je souhaite me consacrer entièrement au rituel du hadj, mais avec les prix proposés, je vais devoir faire attention à mon portefeuille. Je serais accompagnée de mon aîné.» Abdelhafid a également été tiré au sort pour accomplir le hadj. Il dit être outré par les prix proposés. «Il y a deux ans, le hadj coûtait deux fois moins. Cette année, ce sont des économies d’une vie entière que je vais dépenser pour aller à la rencontre de Dieu», confie-t-il. Des discussions se tiennent sur les pages destinées au hadj, et les intervenants restent estomaqués par cette hausse.
Walid Souahi