Union nationale des agronomes : Vers la création d’un conseil d’ordre

L’implication des agronomes dans la modernisation de l’agriculture est vitale. C’est ce qu’a rappelé, ce dimanche à Alger, le président de l’Union nationale des agronomes, Mounib Oubiri.

Dans une déclaration à la presse en marge des assises nationales des ingénieurs agronomes, organisées à l’Institut national de la recherche agronomique, il a mis en exergue le «rôle prépondérant» que devrait jouer l’ingénieur agronome pour améliorer les techniques de production, la transformation des produits et l’augmentation des rendements. Oubiri a mis l’accent sur l’urgence d’organiser la corporation, dont le nombre est estimé à 30.000. Il a fait savoir que le secteur compte beaucoup sur leur contribution pour accompagner la nouvelle stratégie des pouvoirs publics visant le développement et la promotion de l’agriculture pour en faire la locomotive de l’économie nationale.
Toutefois, il a regretté que les ingénieurs ne soient pas suffisamment impliqués faute de structuration, d’organisation et d’absence de motivations au travail, notamment financières. «Qu’attendez-vous d’un agronome qui touche un salaire de 35.000 DA ? Peut-il donner un plus au secteur ? Pas si sûr», a-t-il lancé. L’objectif des assises est de «débattre du projet portant création d’un conseil de l’ordre des agronomes qui sera une instance importante pour organiser la profession», a-t-il soutenu. Il a été question aussi de débattre de toutes les préoccupations de la corporation. «Nous allons essayer d’élaborer une feuille de route pour accélérer le développement du secteur, définir et clarifier notre implication», a-t-il ajouté, déplorant au passage que toutes les recommandations n’aient pas été suivies, jusque-là, d’application. «Depuis presque 6 ans, nous œuvrons, en vain, pour une meilleure prise en charge de la situation socioprofessionnelle des agronomes. Ces assises est un nouveau pas pour renforcer l’implication des agronomes dans la mise en œuvre des politiques agricoles et tirer la sonnette d’alarme s’agissant de leurs problèmes», a-t-il poursuivi.
Pour lui, le monde agricole doit relever les défis du changement et les agronomes doivent prendre part à l’élaboration des mécanismes d’une agriculture intelligente. «Il faut donner la chance aux jeunes compétences, en les associant aux processus de prise de décision et des projets de développement de l’agriculture», a-t-il renchéri. Oubiri a plaidé pour le développement d’une agriculture innovante et performante. Pour lui, la réussite de tout secteur est tributaire de la recherche scientifique et de la volonté de prendre en charge les attentes des cadres.
Kamel Fekar, expert-agronome d’Oran, a estimé que la recherche en agronomie n’est pas «suffisamment impliquée dans le développement de l’agriculture». Selon lui, «beaucoup de recherches et d’études n’ont pas été entreprises». Notre interlocuteur a souhaité que les pouvoirs publics octroient les moyens financiers aux agronomes pour qu’ils puissent accompagner l’essor du secteur. «Il faut réunir les conditions pour développer la production. L’implication des agronomes est une nécessité», a-t-il conclu.
Amokrane H.