Vacances et écoles privées : C’est du passé

Depuis l’avènement de la crise sanitaire, la classe moyenne a vu son pouvoir d’achat s’éroder. L’inflation, conséquence de la pandémie de la Covid-19 et de la chute des prix de pétrole, entre autres, a frappé de plein fouet cette catégorie qui, sans être riche, avait les moyens de vivre confortablement.

«Avant l’inflation, notre pouvoir d’achat était acceptable. Dans nos assiettes, les légumes et la viande ne manquaient pas. Mais depuis la crise sanitaire surtout, la hausse soudaine des prix des produits alimentaires a complètement chamboulé nos modes de consommation. La volaille, connue pour être la viande de la classe moyenne, est devenue presque inaccessible», indiquent des enseignants. L’envolée des prix des fruits surtout, poursuivent-ils, prive les enfants de produits essentiels à leur croissance. «Nos budgets ne suffisent plus pour offrir à nos enfants les aliments auxquels ils sont habitués. Nous nous contentons de l’essentiel et de ce qui est accessible. Avant, nous consommions du poulet deux fois par semaine. Maintenant, c’est une fois par semaine. Quant au poisson, c’est de l’histoire ancienne. Nous nous permettons que de la sardine si et seulement si son prix est au-dessous de 500 DA/kilo», confient-ils.
Leurs budgets sont serrés car les prix de la location ont également augmenté. C’est une question de priorité, selon des cadres d’entreprise. La location d’abord, la nourriture ensuite, les vêtements et les affaires scolaires après. «Ceux qui payent le loyer AADL souffrent. Les vêtements, les chaussures et les articles scolaires sont devenus excessivement chers. La rentrée scolaire a été une véritable saignée. Sans compter les frais supplémentaires en cas de maladie. Nos enfants sont touchés par les épidémies de grippe. Sans oublier la Covid-19 dont les soins coûtent chers», rapportent-ils. Par ailleurs, à cause de l’inflation, des familles n’inscrivent plus leurs enfants dans les écoles privées. «Leurs prix ont augmenté de façon vertigineuse. Nous avons beau être un couple qui travaille, il nous est impossible de nous adapter. Nous avons été obligés de retirer nos enfants et de les inscrire dans des établissements publics. Cela perturbé nos enfants ainsi que  nos habitudes. Nous sommes obligés de faire appel à des tierces personnes pour récupérer nos enfants et les garder durant notre absence», souligne un couple d’universitaires. Quant aux voyages, révèle ce dernier, c’est hors de question pour le moment. Avant la crise sanitaire, la famille pouvait se permettre des séjours dans le sud du pays et même à l’étranger. «Les voyages sont pratiquement inaccessibles. Une journée à la plage, voire un week-end, c’est tout ce que nous pouvons nous permettre», déplorent-ils.
Farida Belkhiri