Vaccination des enfants dans les établissements scolaires : Entre réticence des parents et risque de résurgence de maladies infectieuses

La campagne de vaccination  lancée dans les établissements scolaires, comme à l’accoutumée, a encore une fois connue quelques perturbations, dans certaines régions,  en raison de l’abstention des parents à vacciner leurs progénitures.

« Une situation inquiétante », reconnait Nadia salami, enseignante de français dans un établissement scolaire de cycle primaire. Elle estime que « c’est l’impact des messages négatifs, mis en valeur  par les réseaux sociaux, en particulier depuis l’avènement de la pandémie du Covid-19. »  Et d’expliquer: « En dépit du tollé médiatique suscité par certains sur l’innocuité des vaccins inscrits dans le programme nationale d’immunisation et leur origine, le forcing exercé pour imposer le nouveau vaccin contre le Covid,  est à l’origine de la réticence constatée , en particulier  dans les grandes villes ». De son avis,  » c’est un manque injustifié de confiance en Algérie, mais aussi à travers le monde. Les parents restent sur le qui-vive et appréhendent l’injection du vaccin contre le SaRs-CoV-2,  à leurs enfants, dans le cadre de la campagne de vaccination habituelle ».
Toutefois,   Fathia Azri, membre de la fédération des parents d’élèves, à Ouled Djellal affirme que la campagne de vaccination, un rappel du vaccin contre le tétanos et la diphtérie (DT) ainsi que la polio, a été un succès cette année. « Aucune  obstruction n’est enregistrée », souligne-t-elle, en précisant, qu’au « contraire, les parents encouragent la vaccination. Parfois, ils protestent contre les retards enregistrés ». Pour Zerrouki Azzedine, président de l’association des parents d’élèves à Blida, « les examens de fin d’année ont volé la vedette à la campagne de vaccination ». Pour lui, « c’est un non évènement », étant donné que le souci pour la plupart des parents, « les cours de rattrapage, en prévisions des tests de fin d’année ».
Par ailleurs, les spécialistes s’inquiètent de la capacité de diffusion des messages anti-vaccinaux, qui est redoutable. Le médecin généraliste, Nadjat Abidat, craint « la résurgence de très nombreuses maladies presque contrôlées, grâce au programme nationale de vaccination ». Elle affirme que « l’abstinence a entrainé une propagation, sans précédent, de la rougeole. » « Une hausse des cas de la rougeole de 300% a été enregistrée à travers le monde et de 700% en Afrique », rappelle-t-elle.
En Algérie poursuit le médecin, « 29.000 cas de rougeole et 22 décès ont été recensés par le ministère de la santé en 2018 ». Pour elle, « la vaccination infantile est le meilleur moyen préventif,  efficace,  permettant de se protéger contre de nombreuses maladies graves et dangereuses ». Le calendrier national de vaccination infantile, lancé dans les années 1970, a prouvé son efficacité, en dépit l’abstention enregistrée ces dernières années », conclut-elle.
Samira A.