Valorisation de l’histoire de l’Algérie : Les réseaux sociaux s’y mettent aussi

L’histoire de l’Algérie n’est plus enseignée et valorisée uniquement dans les écoles, les universités et à travers les médias tous genres confondus. Les réseaux s’y mettent aussi à travers des pages créées spécialement dans ce but. Sur ces pages, des articles, photos et documentaires ayant trait à l’histoire de l’Algérie sont publiés et généreusement partagés.

Les pages dédiées à l’histoire d’Algérie sont de plus en plus nombreuses sur les réseaux sociaux. L’histoire de l’Algérie n’est plus enseignée et valorisée uniquement dans les écoles, les universités et à travers les médias tous genres confondus. Des groupes d’internautes, passionnés d’histoire et de culture, publient et partagent tout ce qui leur tombe entre les mains comme articles, photos et documentaires sur les batailles contre le colonialisme ainsi que sur les exploits des moudjahidine connus. Mais aussi sur des militants et militantes, combattants et combattantes dont on entend très peu parler. «Wilaya 5 historique» (Histoire de la Révolution algérienne) figure parmi ces groupes qui, par leurs publications, valorisent notre histoire tout en rendant hommage à nos martyrs.
Leur dernière publication est dédiée à Messali El Hadj, sous forme d’un portrait audiovisuel de ce militant qui a tant apporté à l’Algérie sur le plan politique, qualifié dans ce documentaire, réalisé par la chaîne El-Hadath, de «père du mouvement national algérien». Une autre publication, singulière, attire particulièrement l’attention. C’est l’histoire d’un imam, connu sous le nom de «Tayr (oiseau)», qui a été torturé par le colonialisme français dans la région est du pays dont l’histoire est rapportée par l’imam de la mosquée Badr Hey Yahiaoui dans la wilaya de Sétif. C’est pour dire que les citoyens s’impliquent également dans l’enrichissement et dans la préservation de la mémoire nationale. Des citoyens, également soucieux de lutter contre les allégations mensongères utilisées pour glorifier le colonialisme, publient des réponses scientifiques afin de clouer le bec aux détracteurs. Ainsi, à travers un documentaire, des anthropologues prouvent que l’Algérie n’était pas néant avant le colonialisme français, qui prétend avoir sauvé le pays de la piraterie et de l’esclavagisme. Un extrait de l’ouvrage, «Histoire d’un parjure», de l’auteur français anticolonialiste Michel Hubat, est également publié et où il est dit, qu’en 1830, «tous les Algériens savaient lire, écrire et compter, que la plupart des vainqueurs avaient moins d’instruction que les vaincus, que les Algériens étaient beaucoup plus cultivés qu’on le croyait et qu’à l’arrivée du colonialisme français, il y avait plus de cent écoles primaires à Alger, 86 à Constantine et 50 à Tlemcen. Une photo, publiée par un internaute, visualise une copie originale de Baba Marzouk, le canon de fabrication algérienne qui a terrorisé toute l’Europe pendant trois siècles, avec comme slogan «Et dire que certains affirment que l’Algérien n’a pas d’histoire…». Sur une autre page, dédiée également à l’histoire, le portrait d’une moudjahida, que très peu connaissent, est publié et partagé. Il s’agit de Yamina Aït Omrane, une jeune moudjahida tuée lors d’une bataille contre le colonialisme français à l’âge de 20 ans. Une beauté que l’Algérie a perdue alors qu’elle était à la fleur de l’âge. Au dessous d’une très belle photo de la jeune martyre, il est précisé que cette dernière, native de Tizi Ouzou, n’avait que 17 ans quand elle avait rejoint le maquis, dans la Wilaya 7 où son frère occupait déjà les lieux avec d’autres moudjahidine. C’est son frère d’ailleurs, Mohand Oudir, qu’il l’a encouragée à le rejoindre, lui apprenant l’art et les techniques du combat dans le plus grand secret. Elle avait commencé son parcours comme infirmière, mais très vite, étant douée pour les combats, elle est chargée d’opérations commando avant de tomber sur le champ de bataille, l’arme à la main.
Sur la page du groupe «Histoire de la Révolution algérienne 1954-1962», un article évoque le gazage des grottes pratiqué par l’armée française durant la guerre d’Algérie et dont voici un extrait : «A partir de 1956, sous le commandement du général Salan, des gaz asphyxiants ont été mis au point et des «Sections de grottes» mises en place pour tuer les personnes réfugiées dans diverses cavités naturelles des régions montagneuses d’Algérie, qu’il s’agisse de combattants de l’ALN, du personnel civil d’hôpitaux de campagne ou même dans certains cas, de militaires français prisonniers».
 Farida Belkhiri