Variole du singe : L’Algérie n’est pas à l’abri   

Le risque de réapparition des maladies émergentes et réémergentes menace toujours l’humanité. L’homme vit toujours sous la menace de la résurgence des maladies infectieuses nouvelles ou anciennes.

Les maladies infectieuses réémergentes ont déjà existé. Pour l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la définition est plus large. Les infections émergentes sont celles qui sont nouvelles, qui réapparaissent mais aussi celles dont l’incidence a augmenté au cours des deux dernières années, celles qui risquent d’augmenter dans un futur proche et celles devenues résistantes aux anti-infectieux. Depuis quelques jours, plusieurs pays ont enregistré des cas de la variole du singe qui est une zoonose causée par un virus transmis par des animaux, et les scientifiques craignent une nouvelle pandémie après celle de la Covid-19.
Le Dr Mohamed Melhag, chercheur en virologie, a rappelé que le monde a déjà connu cette infection parue la première au Congo (ex-Zaïre) en 1970.  La variole du singe provient de pays du centre et de l’ouest de l’Afrique, comme le Nigeria ou le Cameroun. Il a rappelé que ce virus, appelé aussi scientifiquement orthopoxvirose simienne, est devenu une nouvelle source d’inquiétudes et menace tous les systèmes de santé.
Après sa détection le 6 mai dernier en Angleterre, d’autres cas sont enregistrés en France, Belgique, Allemagne, Portugal, Espagne, Italie, Suède, USA et Canada.  Interrogé sur le mode de transmission, le spécialiste a indiqué qu’elle se fait généralement par consommation de viande d’animaux infectés pas suffisamment cuite.  Elle se transmet par contact avec une personne atteinte ou ses liquides organiques.  «C’est un virus déjà documenté mais il reste à étudier pourquoi il se propage à une grande vitesse», a-t-il dit.  La première phase de contamination est caractérisée par l’apparition de la fièvre, mal de tête, douleurs musculaires, mal de dos, ganglions lymphatiques enflés, frissons et fatigue. La deuxième phase est marquée par des éruptions cutanées au visage et qui se répandent à d’autres parties du corps. La durée d’incubation est en général de 6 à 16 jours. «Le diagnostic de cette maladie et d’autres émergentes et réémergentes  est un acte médical qui nécessite beaucoup de compétence et de savoir-faire», a-t-il affirmé.
Le Dr Melhag a souligné l’importance de faire la différence entre la variole du singe et la variole déjà éradiquée par la vaccination. Quant à la variole du singe, pour le moment, il n’y a aucun traitement ni vaccin, d’où sa dangerosité.  «Dans la plupart des cas, cette infection se guérit spontanément après deux à trois semaines après la contamination et le taux de décès peut atteindre 10%.  La plupart des décès sont survenus chez les plus jeunes», a-t-il expliqué.  Interrogé sur le risque d’enregistrer des cas en Algérie, notre interlocuteur a estimé que le risque zéro n’existe pas. «J’ai toujours dit que l’Algérie sera influencée positivement ou négativement par tout ce qui se passe dans le monde, notamment dans la rive nord de la Méditerranée, surtout en cette période de saison estivale», a-t-il estimé. Il est vrai que ce virus ne se transmet par rapidement, mais la prévention et l’anticipation restent le meilleur moyen d’éviter l’enregistrement des premiers cas en Algérie.
Samira Belabed