Vente d’agrément de pharmacien : Les mises au point du SNAPO 

Suite à une correspondance adressée au ministre de la Santé par le sénateur  Abdelouahab Benzaim au sujet des agréments des pharmaciens d’officines, le Syndicat national des pharmaciens d’officine (SNAPO) a réagi très vite à cette information qui révèle que des pharmaciens ayant atteint l’âge de la retraite revendent leurs agréments à de jeunes diplômés contre la somme de 30 millions de dinars (3 milliards de centimes).

« Certaines déclarations visent à tromper l’opinion publique, et même peut-être les décideurs, au sujet du statut spécifique et extrêmement réglementé des officines pharmaceutiques. Certains voudraient sans doute que la profession de pharmacien se clochardise », a affirmé le SNAPO dans un communiqué rendu public.
Selon le même document, « Remettre aujourd’hui en question un facteur régulateur fondamental pour l’établissement de la carte pharmaceutique nationale, qui elle-même est partie intégrante de la carte sanitaire nationale, cacherait mal les desseins de certaines parties qui ont déjà échoué dans un passé récent à introduire l’idée des chaines de pharmacies au sein de la loi sanitaire ».  Le SNAPO considère que les chaines de pharmacies seraient le début de la destruction du système sanitaire et social de l’Algérie, puisqu’il se base sur des principes d’ultra libéralisme dont les seuls principes se limitent à défendre le pouvoir des lobbys de la mondialisation et des multinationales, encourageant un système de santé sélectif et capitaliste, et qui empêchera des franges de la population, à revenu limité ou modéré, d’accéder aux soins ou de continuer à bénéficier des services de la sécurité sociale.
Un agrément ou l’autorisation d’exploitation d’une officine ne se vendent pas. C’est le fonds de commerce, de par la force de la loi qui se vend. S’agissant de la cession des officines après décès ou départ à la retraite, il obéit à des conditions fixées par le code du commerce, et suit des procédures notariales rigoureuses. Dans les procédures de changement de titulaire entre pharmaciens, les notaires appliquent strictement la réglementation, et l’avis du Conseil de l’ordre est requis, et est indispensable auprès de tout cabinet notarial ou direction de la santé avant tout changement d’exploitation d’une officine. La session, ou la vente d’un fonds de commerce, est une opération réglementaire, nous citerons l’exemple des agences pharmaceutiques Endimed vendues aux pharmaciens par l’Etat, Endimed étant une entreprise publique, selon des procédures arrêtées par le gouvernement : appels d’offre, soumissions, crédits bancaires de la banque publique CPA sur 15 à 20 ans. « Celui qui veut remettre en question aujourd’hui la valeur économique d’une pharmacie et de son fonds de commerce, voudrait certainement procéder à l’expropriation de dizaines de pharmaciens ayant atteint l’âge de la retraite, ou exproprier et déshériter les héritiers légitimes des pharmaciens décédés. », lit-on sur le même document.
Le document a rappelé que pour ne parler que du numerus clausus, norme universelle, instaurée par pas moins de 4 arrêtés ministériels, et confirmé par un arrêt du conseil d’Etat, il est de vigueur pour permettre la création des officines en fonction des besoins de santé de franges de population selon le ratio de 1 officine pour 5.000 habitants. Ce ratio est descendu à une moyenne nationale de 1 officine pour 3.800 habitants. Dans de nombreuses localités, il est compté une officine pour 2.000, voire même 800 habitants, c’est dire à quel point nous observons des saturations contraires aux normes rationnelles et réglementaires instaurées. La circulaire promulguée en 2005 pour l’ouverture des officines en zones enclavées, et dérogeant exceptionnellement au numerus clausus, a permis l’ouverture de plus de 4.500 officines en zones enclavées.
 Samira Belabed