Vente de vêtements au kilo : La mode qui fait recette

De nouvelles formules de vente de vêtements ont vu le jour en Algérie. Depuis quelques mois, les « Shoppeurs » découvrent le commerce de détail d’habillement vendu au kilo. Il s’avère, que ce nouveau mode est à la porté des petites et moyennes bourses et fait de l’ombre aux magasins de prêt à porter qui affichent des prix exorbitants.

Les magasins de vente de vêtements au kilo pullulent dans la capitale et sont devenus une véritable destination pour faire le shopping.  Hommes et femmes investissent ces endroits pour dénicher les bonnes affaires. Les vêtements proposés à la vente sont beaux, modernes et de marque, ce qui attire les consommateurs, qui en achètent au poids et en fonction de leurs moyens, sans ruiner leur budget. Au contraire, cela permet d’économiser de l’argent et d’acheter deux articles pour le prix d’un. Les clients choisissent les articles, qui sont par la suite, mis sur une balance électronique, puis le prix est fixé en fonction du poids qui est fixé à hauteur de 3000 DA le kilogramme pour les vestes et les manteaux, 500 DA le kg les chaussures, 2500 DA le kg le pull.  Dans des locaux ou dans les hangars, ces endroits sont devenus connus du grand public. A El Biar, à la placette Kennedy, l’heure est aux emplettes. Un magasin de vente de vêtements au kilo fait sensation auprès des jeunes clients. Il propose des articles de bonne qualité à des prix défiants toute concurrence. Nesrine, étudiante, a fait ce qu’elle qualifie de « l’affaire du siècle ». Accompagnée de son frère, elle a pu acheter un manteau pour 6000 DA au lieu des 12 000 DA affichés dans les vitrines des boutiques spécialisées. « J’ai gagné le double, je suis très contente », confie la jeune fille, aux anges. Et pour partager son bonheur, elle a fait un live sur sa page Instagram, pour répandre l’information et inviter sa communauté à venir faire un tour dans ce magasin.
Du côté de la rue d’Isly, un autre magasin de vente de vêtements au kilo a vu le jour. Les doudounes et les parkas made In Germany font sensation auprès des clients. Le prix au kilo est nettement moins cher comparativement aux autres magasins de la capitale. Un blouson d’hiver, pesé, est cédé à 2500 DA l’unité au lieu de 5000 DA dans les boutiques de prêt à porter. Un peut plus haut, vers la rue Ali Boumendjel, un magasin de vente de vêtements au kilo propose même de la lingerie fine et des pantoufles maison, importées. Un lot de lingerie féminine, composé de trois pièces, est cédé à 1000 DA une fois pesé, alors que l’unité est de 850 DA chez certains détaillants. Des robes, des pantalons, des vestes, des châles, des cache-nez, gans et bonnets, et parfois des chaussures en plus des vêtements pour enfants font le bonheur de beaucoup de clients, particulièrement ceux qui les découvrent pour la première fois. Ces magasins qui sont en vogue en cette époque de l’année, sont une sorte de « Black-Friday » au quotidien. Ils sont même très médiatisés sur les réseaux sociaux, où les admins partagent le « bon plan » avec leurs abonnés.
Pour le propriétaire d’un magasin de vêtements au kilo situé près de l’agence de transport de la commune d’Aïn Benian, le concept n’est pas celui d’écouler l’ancien stock ou de faire une réduction. Au contraire, explique t-il, « c’est une vente très tendance, y compris à l’étranger, particulièrement en Europe, et qui permet de porter des vêtements griffés et de qualité, au prix fixe et non discuté, c’est-à-dire sans négocier ». Ce qui est certain, c’est que le phénomène prend de l’ampleur à travers le pays. Il ne repose pas sur le recyclage, et offre un mode de consommation différent de  celui de la vente en « fripe » de vêtements vintages. Au contraire, les vêtements sont neufs et originaux, et il y en a pour tous les goûts et toutes les bourses.
Rym Harhoura