Vers une hausse de la demande italienne en gaz, selon l’expert Abderrahmane Mebtoul

D’après l’expert international en énergie, Abderrahmane Mebtoul, il est attendu à ce que l’Italie demande, à l’occasion de la visite du président Tebboune, à ce que ses quotas en gaz soient augmentés. Toutefois, vu la hausse de la consommation interne en cette énergie, Mebtoul indique que l’Algérie ne pourra pas lui fournir plus de 4 milliards de m3 à court terme. L’Italie, qui demeure le premier client de l’Algérie en matière de gaz, achète annuellement plus du tiers du gaz algérien destiné
à l’export.
D’après les statistiques avancées par Mebtoul, le volume global des échanges commerciaux en 2020 entre l’Algérie et l’Italie, le deuxième fournisseur européen de notre pays, a atteint près de 6 milliards de dollars dont 3,5 milliards de dollars d’exportations algériennes vers l’Italie (les hydrocarbures surtout) et 2,42 milliards de dollars d’importations de ce pays (des équipements notamment). «Le secteur des hydrocarbures occupe une place importante dans les relations économiques algéro-italiennes, grâce notamment au partenariat entre le groupe Sonatrach et le groupe énergétique italien Eni, présent depuis 1981 en Algérie. Les deux groupes gèrent le gazoduc TransMed, aussi appelé Enrico Mattei, reliant l’Algérie à l’Italie via la Tunisie, d’une capacité allant jusqu’à 32 milliards de m3 de gaz algérien vers l’Italie», indique-t-il. Mais le TransMed est actuellement en sous-capacité, selon lui, la consommation intérieure étant presque l’équivalent des exportations. «On s’attend à ce que l’Italie profite de la visite du chef de l’Etat dans ce pays afin de solliciter des quotas supplémentaires en gaz.
L’Algérie pourra lui fournir à court terme 3 à 4 milliards de mètres cubes supplémentaires, mais pas plus, la consommation interne en cette énergie étant en hausse», explique-t-il, espérant que le projet Galsi, gelé depuis 2012, soit réactivé. Ce projet, d’une capacité de 8 milliards de m3 gazeux, qui devait approvisionner la Sardaigne et la Corse, précise-t-il, a été mis de côté par l’Italie qui avait préféré traiter avec la Russie. «Comme le gaz russe est moins cher, l’Italie a opté pour ce pays, ce qui est légitime. En fait, notre pays doit plus jouer sur la carte des énergies renouvelables que sur le gaz. D’autant plus que Sonatrach et Eni sont arrivés à un accord stratégique dans ce secteur», signale-t-il. «Ce qui est important à son sens dans la visite du président de la République en Italie, c’est d’engager des actions de diversification de la coopération économique entre les deux parties dans les secteurs hors hydrocarbures. Parmi les domaines à cibler, selon lui, les PME, l’innovation technologique, l’agroindustrie et les télécommunications.
L’Italie a une longue expérience dans l’intégration de la sphère informelle dans le formel et dans la dynamisation des PMI/PME. Deux créneaux où un partenariat avec l’Italie sera bénéfique pour notre pays. Espérons que la consolidation des relations algéro-italiennes sera édifiée sur la base d’un partenariat gagnant-gagnant au profit exclusif des populations des deux pays», souligne-t-il. «Sur le plan politique, il s’agit de consolider davantage les réalisations bilatérales avec l’objectif commun de promouvoir une plus grande stabilité et prospérité dans la région méditerranéenne»,
conclut-il.
Farida Belkhiri