Vêtements pour enfants : A Ferhat Boussâad (Alger), bonheur des petites bourses

À l’approche de l’Aïd-el-fitr, tous les parents se mobilisent pour l’achat de nouveaux habits pour leurs petits. Cependant, en cette période d’inflation, les prix des vêtements pour enfants ont enregistré une hausse vertigineuse.

Des prix jugés inabordables pour les petites bourses qui trouvent ainsi, refuge dans les ventes en ligne, les  marchés, mais aussi le commerce parallèle et les friperies de luxe. La plupart trouvent leur bonheur à la rue Meissonnier, devenue ces dernières années le lieu privilégié de nombreuses familles en quête de la «bonne affaire».  Dans ce quartier populaire, situé en plein cœur de la capitale, les vêtements pour enfants sont proposés à des prix défiant toute concurrence. «Ici on trouve de tout et a des prix raisonnables. Ce qui n’est pas le cas ailleurs, où l’on doit débourser une fortune, juste pour une petite robe de fillette ou pour une combinaison d’un garçon sans compter le coût des chaussures et des accessoires qui vont avec. A Meissonnier, je trouve vraiment mon compte d’autant que les rues sont sécurisées la nuit. En plus, ce n’est pas loin d’où j’habite. C’est ici que j’ai l’habitude de faire mes courses pour la fête de l’Aïd», témoigne d’ailleurs, cette dame, la cinquantaine, qui vient d’El Harrach. Il faut dire que les bonnes adresses sont échangées de bouche à oreille, entre amis, voisins, parents ou collègues de travail. «Je n’ai pas besoin d’opération marketing pour faire connaître notre magasin. Les clients l’ont fait pour nous», reconnaît Kader, copropriétaire d’un magasin de prêt-à-porter pour enfants. «Avant chaque fête de l’Aïd, notre chiffre d’affaires explose. Les gens s’achètent de nouveaux vêtements. Chaque parent veut offrir à son enfant la meilleure tenue ce jour-là», poursuit-il. Un autre précisera que les habits pour hommes et femmes marchent aussi bien durant cette période. A 21h, à peine le jeûne rompu avec le repas de l’iftar, la rue Meissonnier est déjà prise d’assaut.
A pied, par voiture ou par métro, la station Khelifa-Boukhalfa se trouvant à quelque 150 m de là, ils affluent de partout en quête de bons plans notamment a l’approche de l’Aïd-el-fitr. L’affluence est importante dans toutes les boutiques et même devant les étals. Des marchands étalent leurs produits à même le sol, sur les trottoirs, comme des filets destinés à accrocher les plus indifférents des enfants qui accompagnent leurs parents. Ces jeunes «commerçants» d’un nouveau genre ne manquent pas de flair et savent exactement comment pêcher leurs clients. La perspective de bonnes affaires capte immédiatement l’intérêt de la clientèle-cible: couples avec enfants. De nombreuses échoppes se sont spécialisées dans la vente des produits de déstockage, de fins de séries et d’invendus de marques connues de prêt-à-porter. Elles ont du succès car elles proposent un rapport qualité/prix intéressant. Vendus à la criée, des pantalons, des tee-shirts, des robes, tennis et sandales de marque sont proposés entre 1000 et 3 000 DA. Entre le marché Meissonnier et la mosquée «Errahma», c’est un petit bout d’Alger animé par les voix des vendeurs de vêtements qui scandent «Diri l’affaire ya mra». C’est à s’y méprendre. On se croirait le jour. Toute une animation générée par des dizaines de familles qui effectuent leurs achats, chacune en fonction de ses moyens.
Pâtisserie «Régal» : «Qelb ellouz», le gâteau de toutes les convoitises 
A Alger, ceux qui savent bien fabriquer du «Qelb ellouz», considéré comme le roi des sucreries durant le mois de Ramadhan, se comptent sur les doigts d’une seule main. Chaque quartier a son pâtissier préféré. Comme la maison «Serir» à El Madania (ex-Salembier), ou Hadj Hamid à Bab El Oued, à Alger-Centre et ses environs, la pâtisserie «Régal», située en plein cœur du quartier Meissonnier demeure depuis des années, le refuge des amateurs de ce gâteau traditionnel, fait a base de semoule moyenne, de beurre ou de smen, de sucre, de miel, d’amandes, le tout arrosé généreusement de sirop. Chaque jour, en ce mois sacré, dès 11 heures, une chaîne de clients de tous âges se forme devant le magasin.
Mourad, la quarantaine, ingénieur en informatique est venu spécialement d’El Mouradia. Dans ses mains: pas moins de cinq boites de «Qelb ellouz» de 5 morceaux chacune. «Rassurez-vous, ce n’est pas pour la revente. C’est juste pour faire plaisir à la famille, aux amis et aux voisins», lance-t-il. «Cela fait vingt ans que j’en achète chez le même pâtissier car il a un goût particulier qu’on ne trouve pas ailleurs», ajoute-t-il. La réputation du «Qalb ellouz» de Régal dépasse même nos frontières. Ainsi, Mokhtar cet ancien marin, est venu acheter trois boites pour les envoyer à sa famille résidant en France. «A chaque fois que l’occasion se présente, on me demande du «Qalb ellouz» de Régal. C’est une tradition bien ancrée chez nous durant le mois de Ramadhan. Ça rappelle, les origines, le quartier d’où l’on vient et les traditions.»
Marché Ferhat-Boussaâd : Flambée des prix 
Les prix des fruits et légumes au marché Ferhat-Boussaâd (Meissonnier), à l’instar des autres espaces commerciaux de la capitale, connaissent depuis ce début du mois sacré, une envolée spectaculaire, au grand dam des citoyens.  Ainsi, le prix de la tomate, vendue 90 DA le mois dernier a atteint les 140 DA le kilo, tout comme la pomme de terre qui dépasse par endroits les 130 DA, alors qu’il n’y a pas si longtemps, elle était proposée à 105 DA. Il en est de même pour les autres légumes à l’image de la courgette, l’ail, le poivron et la laitue. Au rayon fruits, le constat est identique puisque le prix des oranges, des dattes, mais aussi des bananes subissent eux aussi une hausse inattendue. Ce fruit connait une augmentation vertigineuse de plus de 50%. Il est affiché à pas moins de 600 DA le kilo. Du côté des viandes, du poulet et du poisson, les prix demeurent inaccessibles pour les faibles et moyennes bourses. Le prix de la sardine, considérée pourtant comme le poisson des démunis, a atteint des seuils inimaginables de plus de 1100 DA le kilo et parfois un peu plus. «Venir au marché en ce mois de Ramadhan est devenu un supplice tellement les prix sont hors de portée des moyens et faibles revenus. Le comble, aucun produit n’a échappé à la flambée», déplore une ménagère rencontrée sur les lieux. Evoquant les causes d’une telle hausse des prix enregistrés durant ce mois de Ramadhan, les détaillants justifient cela par «la cupidité»  des commerçants au niveau des marchés de gros qui, selon leurs dires, ne respecteraient guère les prix référentiels.
Boulevard Didouche-Mourad : Embouteillages monstres 
Comme tous les soirs en ce mois de Ramadhan, la rue Didouche-Mourad est très animée. Mais à l’approche de l’Aïd, cette grande artère très fréquentée de la capitale connaît un surplus d’effervescence. Sitôt le repas du ftour terminé, des milliers de citoyens se ruent dehors, créant de gigantesques embouteillages au niveau de l’axe qui s’étend de la rue Didouche-Mourad jusqu’à la Grande Poste. La plupart se déplacent à pied, mais ceux qui ont choisi d’utiliser leurs véhicules pour les veillées et les balades nocturnes, provoquent d’énormes bouchons qui mettent leurs nerfs à contribution. Des embouteillages monstres se forment à hauteur de l’arrêt de bus de la rue Meissonnier. Afin de se frayer un chemin, les passants sont souvent obligés de se rabattre sur la chaussée. Les automobilistes se trouvent, de leur côté, piégés au milieu de cette foule et ces gens qui circulent dans tous les sens et n’hésitent pas à marcher au milieu de la route, parfois pour fuir la cohue. Si certaines familles peuvent se permettre des soirées dans des endroits chics de la capitale, d’autres n’ont d’autre choix que d’occuper l’une des places publiques ou carrément s’offrir un tour en voiture. «Une sortie nocturne demande des dépenses alors qu’avec la cherté de la vie, mon salaire arrive à peine à suffire à toute la famille», nous a confié ce taxieur, accompagné de sa femme et leurs deux enfants. Ils sont nombreux ces chefs de famille qui se limitent ou renoncent carrément aux virées nocturnes durant ce mois sacré.
Mehdi F.