Vétusté du matériel, crise sanitaire…  Les transporteurs alertent

La pandémie de la Covid-19 a impacté le secteur des transports de manière remarquable et a eu des conséquences dévastatrices sans précédent sur les investisseurs. Bien que le gouvernement ait décidé d’un plan de relance, les transporteurs de voyageurs comme ceux de la marchandise n’arrivent pas à améliorer leur situation.

Dans une virée effectuée dans les gares de transport, les chauffeurs, propriétaires de bus pour la plupart, alertent sur des conditions de travail des plus critiques. «Insécurité, mesures de contrôle exagérées, manque de moyens, vétusté des bus», égrène Ryad, jeune chauffeur d’un minibus, assurant la liaison Cherchell-Alger. Il affirme que la situation s’est dégradée depuis le début de la crise sanitaire. «Même après la reprise de notre activité, nous n’arrivons pas à amortir les pertes engendrées parle confinement», ajoute-t-il, affirmant subir moult pressions. Dans ce sillage, il souligne l’indisponibilité des pièces de rechange, ou encore de bus neufs. Et de poursuivre: «L’organisation nationale des transporteurs algériens dans laquelle je suis membre a soulevé nos revendications au ministère des Transports. Nous espérons qu’elles seront prises en charge.» Pour leur part, les transporteurs de marchandises, qui ont vu leurs chiffres d’affaire chuter depuis la réduction des importations tous produits confondus, «se retrouvent dans une situation catastrophique», affirme Abdelkader Mouloudji, un chauffeur routier en chômage technique depuis presque 4 ans déjà. Il dit que le secteur des transports a subi doublement la crise économique, suite à la réduction des importations et la crise sanitaire. Le chauffeur routier, qui s’attarde sur les raisons des lourdes pertes subies, précise que «la fermeture de 16 ports secs publics et privés en mars 2020 a causé des dégâts inestimables, notamment la perte de milliers d’emplois». La Fédération patronale des transports et de la logistique avait, dans ce cadre, pondu un communiqué, le 28 mars 2020, lequel a été largement relayé par la presse, pour s’interroger sur les raisons qui ont suscité une telle décision, «pénalisant plus de 260 entreprises activant depuis près de 15 ans, pour les plus anciennes, et qui faisaient office de plateforme logistique à l’import et l’export.» Abdelkader Mouloudji affirme que «la décision prise par les pouvoirs publics a induit une perte de près de 3.000 emplois directs et 10.000 indirects, entre transporteurs routiers, personnels des sociétés de sécurité, transitaires, notamment». «Cette décision, poursuit-il, intervient en pleine crise sanitaire et la plupart des chauffeurs ont été contraints de changer de métier, en attendant le plan de relance annoncé per le ministre des Transports.»
 Samira A.