Viandes rouges : Des idées pour diversifier la consommation

Les travaux de la première rencontre scientifique pour la réhabilitation de l’élevage et la diversification de la consommation des viandes se sont clôturés, ce dimanche à Béni Abbès, par l’installation d’un comité de suivi et de coordination.

Cette rencontre, organisée par l’association nationale El Aman pour la protection des consommateurs, a permis de réaliser un état des lieux sur la situation en Algérie et de parvenir à la rédaction prochaine de recommandations par le comité installé. Ceci, afin de permettre d’insuffler une nouvelle dynamique de consommation en Algérie et d’éviter le recours à l’importation et l’inflation des prix.
Le comité compte comme membres le président de l’association, Hacène Menouar, l’expert consultant en agroalimentaire, Nouad Mokrane, des acteurs de la société civile, chercheurs et experts en sociologie, économie, agriculture et commerce.
Selon Menouar, «les idées pour la diversification de la consommation de viande ne doivent pas seulement émaner des autorités, mais être proposées par la société civile qui doit faire de la sensibilisation». Sa volonté est «de concrétiser des projets et d’être dans l’action», dans le but de supprimer l’idée préconçue selon laquelle la société civile n’est pas actrice du changement au niveau national. Il explique que cette première étape, qui a réuni des experts venus de sept wilayas et ayant abouti à l’installation du comité de coordination et de suivi de ce projet, «permettra la rédaction d’un livret contenant les recommandations des experts, avec le résumé des interventions et le CV des intervenants». Ce livret sera, poursuit-il, «remis à la présidence de la République, à la chefferie du gouvernement,  aux ministères concernés, aux députés ainsi qu’aux universités». Il souligne à ce propos que le rôle des médias dans la communication et la sensibilisation sur le sujet de la diversification de la consommation de viande est primordial. Avec ce «lobbying, nous pourrons évoluer vers une véritable économie», affirme le président de l’association.
Intensification de l’élevage
Quelques propositions ont été énoncées au courant de la conférence de presse animée par Menouar, Nouad et le sociologue Rachid Hamadouche, en marge de la rencontre. Parmi elles, la création d’un marché stable, un soutien de l’Etat aux éleveurs et agriculteurs et la résolution du problème de mauvaise communication, qu’elle soit institutionnelle ou pour le grand public. Celles-ci, accompagnées «d’une véritable volonté politique, d’un changement dans les habitudes de consommation et d’un accompagnement adéquat sera la clé du succès de cette démarche», affirment les trois intervenants.
Mokrane Nouad a d’ailleurs prôné l’intensification de l’élevage et sa diversification, relevant la nécessité «d’une rupture avec le système de production actuel pour pouvoir nourrir une population qui a doublé». La transition ne saurait être, souligne-t-il, «sans avoir recours aux nouvelles technologies existantes». Tout cela permettra, selon Menouar, de proposer «de la viande à moins de 1.000 dinars le kilo».
Le livret de recommandations devrait être rédigé d’ici peu par le comité de suivi et de coordination et d’autres rencontres sont programmées à travers le territoire national. L’association El Aman désire mettre en œuvre, d’une façon proactive, ce projet prometteur à différents niveaux. Tant pour le bien des consommateurs, que bénéfique pour le développement des régions intérieures et sahariennes ainsi que l’économie nationale.
D’autres projets sont à l’ordre du jour de l’association, toujours en relation avec les besoins des citoyens et en adéquation avec les instructions du président de la République telles que le reboisement stratégique, la sécurité hydrique, la problématique du lait, la transition énergétique et le gaspillage de l’énergie, ainsi que d’autres considérations influant sur le quotidien des citoyens.
De notre envoyée spéciale à Beni Abbés : Sarra Chaoui