Violence conjugales et familiales : Pas de répit durant le mois sacré

Les violences faites aux femmes ne semblent pas cesser durant le mois de Ramadhan. Des cas sont signalés à travers le pays où des femmes et des filles sont agressées ou violentées.

Selon l’association Réseau Wassila, les violences conjugales s’accentuent durant le mois sacré, conséquences des accès de colère ou des addictions diverses. «Les cas de violences conjugales sont à la hausse durant le mois sacré. Pour des raisons banales, des femmes sont confrontées continuellement aux violences psychologiques et physiques de la part de leurs conjoints. Ces derniers en manque de nicotine, caféine, ou autresubstance ne contrôlent plus leurs pulsions et passent à l’acte. De plus en plus de femmes nous appellent durant ce mois pour leur trouver un hébergement et se soustraire aux coups des fois fatals», a affirmé une responsable du centre d’appels de l’association Réseau Wassila. Elle évoque également la violence économique qui rende ces épouses et mères de famille vulnérables.
«Le reste de l’année, celles-ci peuvent se débrouiller pour nourrir leur famille. Toutefois, pour la meïda de l’iftar, les choses se corsent et elles réclament au chef de famille, vu qu’elles n’ont pas leurs propres revenus, d’acheter ceci ou cela. Une pression constante sur les foyers en cette période difficile marquée par la haussedes prix qui se traduit en conflit domestique. A ce titre, des pères de famille ne supportant pas cette situation entrent dans une colère noire et la suite est dramatique», soutient-elle, selon les conversations qu’elle a eues avec des femmes violentées.
La présidente du Centre d’information et de documentation sur les droits de l’enfant et de la femme (Cideff), Me Nadia Aït Zai, a, pour sa part, mis en exergue « le silence des victimes durant le Ramadhan ou les autres jours de l’année». «En l’absence de chiffres durant ce mois, nous ne pouvons faire un constat sur l’évaluation de
ce phénomène.
Toutefois, les cas de violences domestiques sont nombreux et le silence des victimes n’aide pas à faire une appréciation exacte», a soutenu Me Aït Zai. Selon la juriste, deux cas de femmes violentées par leurs conjoints durant ce mois ont fait appel au centre. «En attendant la publication de ces cas de violences par les services de sécurité, notre évaluation ne peut se faire. Pour une étude comparative et une analyse détaillée, les statistiques qui seront annoncées par les services concernés sont très utiles», a-t-elle fait savoir.
Karima Dehiles