Violence scolaire : Quand la fin de l’année tourne à l’émeute

Jeter ses affaires scolaires dans la rue à la sortie des écoles est un phénomène devenu courant à la fin de chaque année scolaire. C’est ainsi que les élèves expriment leur  bonheur de partir en vacances. Pour eux, c’est un véritable soulagement d’une pression subie tout au long de la saison scolaire.

Cette année, certains élèves ont été à l’origine  d’émeutes. Dans certains établissements scolaires de la capitale, et même à l’intérieur du pays, des chaises et des tables ont été cassées. «Un comportement inacceptable, inquiétant, d’où l’urgence de trouver des solutions pour mettre fin à ces agissements», indique la psychologue spécialisée en éducation, le professeur Zahra Fassi.  En effet, il y a quelques jours, des administrateurs de groupes et de pages sur les réseaux sociaux ont publié des images d’élèves d’une école à Bejaia  saccageant le mobilier de leur  classe. Une photo qui a fait le tour de la Toile et qui n’est pas restée sans réactions.
Pour les internautes, ce genre de comportement en dit long sur l’état psychologique des enfants scolarisés. Ce que confirme le professeure Zahra Fassi, qui explique que le phénomène avait déjà été étudié en 2011, suite à un incident survenu dans un établissement scolaire à Sidi Moussa. «Depuis, la situation a pris de l’ampleur», déplore la même responsable. «De mon point de vue, un tel comportement n’exprime pas leur joie de voir l’année scolaire prendre fin, mais c’est une réaction due à la forte pression accumulée à cause du programme scolaire, la violence exercée sur l’élève par certains professeurs ou de la part de l’administration, sans oublier l’incapacité de comprendre le programme», dit-elle.
«Tout cela est à l’origine de comportements aussi agressifs», ajoute-t-elle. Pour la psychologue, l’élève a besoin d’un bon encadrement et de plus de compréhension, car chacun a son propre vécu. Et d’appeler   les établissements d’enseignement à assurer un accompagnement équitable, décharger les élèves des cours particuliers et lutter contre la violence scolaire.
Rym Harhoura