Virée dans les marchés à Alger : Un air de fête qui coûte cher

Les marchés d’Alger se mettent aux couleurs de Yennayer. Sur des étalages, «formels» et informels, des friandises et confiseries en abondance et dans toutes les couleurs. Un air de fête prédomine aux marchés Ferhat-Boussaâdet Réda-Houhou. De jeunes commerçants proposent toutes sortes de friandises, bonbons, chocolats, dragées et fruits secs ainsi que des mélanges de confiseries spéciales Yennayer qu’on appelle communément «treize».

On entend partout les vendeurs inviter les passants à célébrer le Nouvel An berbère par les gâteries. Des douceurs qui coûtent excessivement cher, cela dit. Un kilogramme du mélange treize (bonbons, chocolats et fruits secs» est à 1.200 DA, cent grammes de dragées à 200 DA, de bonbons à 400 DA. Des confiseries qui coûtaient 50 DA le sachet sont commercialisées à 100 DA. Des passants, séduits par la vue de ces friandises, s’arrêtent pour en choisir quelques variétés mais les déposent aussitôt en prenant connaissance des prix. D’autres optent pour des petites quantités afin de les acquérir aux prix les moins chers possibles. Du côté des fruits secs, les prix s’envolent : un kilo d’amandes à 2.000 DA, les noix à 1.000 DA et les noisettes à 1.200 DA. Là encore, les clients, nombreux, en achètent de très petites quantités, juste ce qu’il faut pour garnir leurs plateaux. Dans le rayon fruits et légumes, on note une hausse légère dans les prix. Ceux de la volaille, en revanche, sont plutôt stables. «Le prix du poulet n’a pas augmenté pour l’instant, se situant entre 460 et 480 DA/kg. Mais pour ce qui est des produits de consommation prisés par les consommateurs lors de la fête de Yennayer, ils connaissent tous une hausse dans les prix, constate le président de l’association El Aman, Hacène Menouar. Les fêtes nationales ou religieuses, signale-t-il, coûtent cher aux consommateurs dont le pouvoir d’achat a considérablement baissé ces derniers temps. «Nos fêtes sont une opportunité pour les spéculateurs qui envahissent le marché d’une façon ou d’une autre et exercent un monopole sur les produits les plus prisés. Dans ce cas précis, la règle de l’offre et de la demande n’entre pas en ligne de compte», explique-t-il.
Comment se fait-il, se demande-t-il, qu’ailleurs, les prix baissent lors des fêtes nationales ou religieuses et augmentent d’une façon exagérée chez nous ? «Pour une raison très simple. Dans ces pays, les marchés sont régulés en fonction de la demande. Si la demande sur certains produits dans une période précise est grande, le marché en est inondé et les prix baissent. Chez nous, c’est le contraire qui se produit. Les produits ne sont pas disponibles en grandes quantités et les prix flambent», explique-t-il. Il y a, en somme, conclut-il, une surconsommation durant la fête de Yennayer de même que durant les autres fêtes religieuses, mais pas une surproduction. La régulation, dit-il, signifie produire ce dont a besoin le consommateur en chaque saison et chaque occasion. «Ce qui nécessite des prévisions et des plans de production à l’avance. Chose qui nous manque», signale-t-il.
Farida Belkhiri