Visite du ministre des Affaires étrangères russe en Algérie : Un pas vers de nouvelles perspectives

La visite du ministre des Affaires étrangères russe effectuée en Algérie est lourde de sens. Elle s’inscrit, selon Abdeslam Bachara, président du groupe parlementaire d’amitié algéro-russe, dans le cadre du processus de consolidation des relations bilatérales entre les deux pays. Mieux encore, elle vise à compléter les objectifs tracés par les deux parties dont l’actualisation de l’accord stratégique élaboré en 2001.

La nouvelle version de ce document a été présentée à la partie algérienne pour donner son appréciation, indique Bachara, soulignant que la prochaine étape se traduira par la rencontre de la commission gouvernementale conjointe des deux pays. Laquelle a été programmée pour décembre dernier ensuite différée pour mars et après pour une date ultérieure. Le but étant de développer les perspectives de coopération dans divers domaines d’investissement économique. Bachara affirme, à ce titre, que le ministre algérien des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, a donné un aperçu sur les secteurs qui seront ciblés, citant le tourisme, l’énergie, l’agriculture essentiellement. Le président du groupe d’amitié algéro-russe fait remarquer aussi qu’une invitation a été présentée, à l’occasion, au président de la République pour une visite à Moscou car tous les précédents déplacements ont été effectués par la partie russe. Une volonté d’accentuer les visites algériennes exécutives ou parlementaires a été exprimée par le ministre russe, affirme Bachara, faisant savoir que l’une des questions abordées concerne également la possibilité d’accorder des bourses d’étude aux étudiants algériens pour opérer des formations au niveau des universités russes connues pour la qualité de leurs enseignement. « Cette visite constitue un pas vers de nouvelles perspectives entre l’Algérie et la Russie, notamment en cette conjoncture marquée par de grandes tensions géopolitiques », juge-t-il.
Le politologue Redouane Bouhidel indique, pour sa part, que cette visite a bel et bien contribué à clarifier la position de l’Algérie vis-à-vis du partenaire russe. Elle a aussi balayé les rumeurs faisant état d’un changement de cap de la part de l’Algérie. «Cette rencontre intervient à point nommé pour revoir le contenu de la convention stratégique de partenariat établie entre les deux pays au profit de l’Algérie, qui obtiendra, assurément, des avantages dans ce cadre », estime-t-il. Le politologue souligne, également, que l’Algérie a servi de tribune pour le ministre russe, ayant adressé d’importants messages à l’Europe. Elle a, en effet, dressé les manquements à combler et les défis futurs à engager dans le sillage des nouvelles donnes géopolitiques. L’Algérie, affirme Bouhidel, gagne la Russie comme un partenaire stratégique pour appuyer ses positions, notamment en ce qui concerne la question sahraouie et les conflits régionaux.
Karima Alloun