Wahran vue de dedans : Les défis perdus des contrôleurs des prix 

Le mois de Ramadhan est le mois de référence pour la Direction du commerce et des prix et celle de l’agriculture d’Oran de voir l’efficacité de leurs stratégies respectives visant à réguler les prix et assurer l’approvisionnement du marché.

Malheureusement, aucun de ces deux défis n’a été «gagné» en ce mois de Ramadhan, qui a été précédé par une hausse aussi fulgurante qu’inexpliquée des produits de première nécessité accentuée de surcroît par des pénuries d’autres produits aussi importants et nécessaires à la ménagère. Ni les marchés de la Rahma ni les points de vente de l’Etat comme l’Oravio, Dicopa et Agrodiv n’ont pu juguler cette folie et renverser la tendance haussière des prix. Depuis le début du mois de Ramadhan, l’Oranais n’arrête pas de faire face à une augmentation inexpliquée des prix des fruits et légumes, même avec l’abondance des produits.
La spéculation et l’informel ont une mainmise incontestée sur le circuit commercial, une pratique qui dure depuis plusieurs années et qui ne semble pas être éradiquée, tant que les décisions prises au niveau du ministère du Commerce répondent à des critères purement théoriques, alors que la réalité dans le circuit commercial est tout autre.
Acheter avec la raison et non les yeux
Le pain quotidien prend, en ce mois de Ramadhan, à Oran, toutes sortes de formes et de couleurs pour le grand plaisir des palais et des papilles des jeûneurs qui, cédant à la gourmandise, basculent souvent dans le gaspillage le plus désastreux.
Boulangers et ménagères redoublent d’ingéniosité, faisant preuve d’un véritable savoir-faire pour varier et diversifier les plateaux de pain. Baguettes ordinaires, pain aux grains de nigelle (sanouj), ficelles, couronnes, pain rond, pain brioche, matloua, galettes (aghroum akourane), khobz eddar (pain maison) et bien d’autres genres plus savoureux les uns que les autres garnissent ainsi la table du ftour. Malheureusement, ils garnissent aussi et souvent les abords des poubelles par fournées entières. Quand apprendra-t-on qu’il ne faut pas acheter avec les yeux mais avec la raison?
Amar Abbas
Alors que dans les boucheries, les prix dépassent les 2.000 DA : L’abattage clandestin attire les Oranais 
Malgré les nombreux contrôles effectués par les services chargés de la répression et la protection du consommateur, le commerce de la viande issue de l’abattage clandestin continue toujours de prospérer. Surtout en ce mois béni, dit-on.
Ces derniers jours, l’engouement des consommateurs pour la viande issue des abattoirs clandestins est très important. Et pour cause, des prix imbattables sont pratiqués par les vendeurs où le kilo de viande ovine varie entre 1.200 et 1.400 dinars, alors que les tarifs affichés dans les boucheries du centre-ville tournent autour de 1.800 à 2.000 DA. Cette pratique dangereuse et interdite se fait en toute quiétude dans les localités, comme au douar Boudjema, Hassi Bounif, Hassi Benokba et Hassi Ameur, situées dans le partie Est d’Oran. Aucune mesure d’hygiène n’est respectée et les bêtes abattues ne passent par aucun contrôle vétérinaire. La différence de prix fait que le marché clandestin de la viande est devenu un véritable phénomène qui prend des ascensions fulgurantes, notamment durant le mois de ramadhan. La hausse vertigineuse des prix de la viande ovine incite de plus en plus de consommateurs à se rabattre sur la viande provenant de l’abattage clandestin. Pour seule motivation: le prix au kilogramme. Les prix affichés sont très attirants. Ils varient entre 1.200 pour la viande d’agnelle et 1.400 dinars le kg pour la viande d’agneau. Alors qu’au niveau des boucheries «légales», la viande ovine a été cédée le premier jour du mois sacré à 1.800, voire 2.000 dinars dans certains quartiers contre 1.400 dinars il y a quelques jours. La viande bovine se vend à 1.800 DA le kg. Attirés par des prix à leur portée, des citoyens ont tendance à s’approvisionner dans ces lieux, même si les conditions d’abattage du bétail y sont en-deçà des normes d’hygiène élémentaires. Ces animaux peuvent présenter certaines maladies parasitaires.
Et quand bien même les bêtes abattues et proposées à la vente seraient saines, l’environnement dans lequel elles ont été dépecées et celui dans lequel elles sont ensuite exposées peuvent la rendre impropre à la consommation. Pour rappel, les viandes et les charcuteries font souvent la une de l’actualité pour être à l’origine d’intoxications diverses. Outre les risques de transmission à l’homme d’une infection présente chez l’animal, les problèmes de contamination lors du transport ou de la conservation existent. En somme, bien que connaissant un regain pendant la période du Ramadhan, l’abattage clandestin est devenu une pratique courante, tout au long de l’année, à travers plusieurs communes limitrophes.
A Abbas
Lutte contre le commerce informel : A quoi servent les marchés de proximité ?
Plus d’une quarantaine de marchés couverts de proximité ont, jusque-là, été réceptionnés. Selon la wilaya, ces marchés ont nécessité la mobilisation d’une enveloppe de plus de 80 milliards de centimes pour leur concrétisation. Il y a quelques jours, le directeur de la programmation et des suivis budgétaires d’Oran avait annoncé que 44 nouveaux marchés qui étaient programmés ont été livrés. D’une capacité globale de 1.884 box, ils ont été affectés aux marchands de l’informel dont les cases avaient été détruites dans le cadre de la lutte contre les marchés sauvages.
Pour rappel, 25 autres marchés couverts, qui avaient subi des travaux de réhabilitation, ont également été réceptionnés par les communes et livrés aux commerçants de fruits et légumes. Par ailleurs, près de 1.200 dossiers de commerçants de M’dina Jdida ont été déposés au niveau de la division des activités économiques de l’APC d’Oran. Seul hic, mais de taille : ces marchés ne sont que partiellement occupés par les marchands de l’informel qui préfèrent la rue où les affaires sont plus florissantes…
A. A.
Plan spécial : Les services de sécurité sur le pied de guerre 
Le Ramadhan de cette année est célébré dans des conditions sanitaires nettement meilleures que celles des deux dernières années, où les restrictions liées aux mesures de confinement étaient dures.
Un retour à la normale qui favorise les sorties nocturnes et les visites familiales, ainsi que le shopping. Pour cela, les services de sécurité ont tracé un plan spécial pour assurer la quiétude des personnes. Depuis vendredi dernier, les agents de police, appuyés par des patrouilles mobiles, sont mobilisés jour et nuit pour veiller sur la sécurité des Oranais et des visiteurs de la ville. L’autre volet de cette mission est de surveiller les marchés des fruits et légumes, les gares routières et les mosquées qui restent une cible facile pour les délinquants durant et après la prière des Taraouihs. Dans le cadre de ce dispositif, des policiers en civil et des patrouilles de surveillance sont déployés à travers les grandes agglomérations, notamment au centre-ville et El Akid-Lotfi, qui enregistrent le plus grand taux d’agressions pendant le mois de Ramadhan, vu le rush qui commence juste après la rupture du jeûne. Des opérations de fouille ponctuées par des actions coup-de-poing sont aussi organisées au niveau des repaires de malfrats avec l’intensification des barrages de contrôle.
A. A.