Zéro cas d’infection : Serait-ce la fin du Covid-19 en Algérie ?

La pandémie continue de reculer en Algérie. Le pays n’enregistre qu’un seul cas de contamination chaque 24, voire chaque 48 heure. Selon les données du ministère de la Santé, aucun cas n’aura été enregistré durant la journée du dimanche, ni aucun décès depuis plusieurs semaines. Néanmoins, pour aspirer à parler de zéro cas, explique les spécialistes, il faudra dépasser une période de trois mois sans n’avoir enregistré aucun cas de contamination.

La décrue commence après avoir atteint un record de 2.500 contaminations quotidiennes, enregistré en janvier dernier. Une quatrième vague de la pandémie, beaucoup plus marquée par la propagation du variant Omicron. Février dernier, la situation commence à s’améliorer. Selon le chef de service des activités médicales et paramédicales au CHU Mustapha-Pacha (Alger), le Pr Rachid Belhadj, la situation épidémiologique est rassurante. «Les restrictions ont été levées, notamment au niveau des mosquées durant le Ramadhan. Il faudra suivre l’évolution de la situation sanitaire dans un contexte relationnel normal, sans restrictions, où l’interactivité est plus courante durant ce mois», a-t-il expliqué. Notre interlocuteur fera également remarquer que la cadence de contaminations reste très faible par rapport aux vagues précédentes. «Les données scientifiques recommandent de dépasser 3 à 6 mois sans avoir enregistré un seul cas de Covid-19. C’est à ce moment qu’il sera possible de parler de zéro cas», a-t-il estimé. Néanmoins, poursuit le Pr Belhadj, la situation actuelle est très encourageante bien qu’il y ait quelques cas sporadiques, puisqu’aucun cas de décès dû à la Covid-19 n’a été enregistré ces dernières semaines. Il faudra désormais, note-t-il, voir comment les personnes  reprennent vie. «Les relations humaines dans les universités, à l’école ou en milieu professionnel ont été affectées et la manière d’interagir impactée. Il faudra non seulement garder un œil sur l’évolution de la situation épidémiologique, mais également sur l’état psychologique des Algériens après cette crise aiguë mondiale», a-t-il appelé. Le spécialiste rappelle tout de même la nécessité de maintenir la vigilance face au virus. «Nous en avons tiré des leçons ces deux dernières années sur l’histoire de la médecine moderne algérienne», a-t-il rétorqué, espérant que les Algériens n’auront  plus à revivre d’épisodes aussi éprouvants.
L’immunité collective par l’omicron
La situation est en nette amélioration, estime également le Dr Fatma-Zohra Zmit, infectiologue et chef du service d’infectiologie à l’hôpital El Kettar (Alger). «Cela fait un ou deux mois que l’on tendait vers le zéro décès de la Covid-19. Car, d’un côté, il y a la vaccination qui a démontré son efficacité. Et de l’autre, le variant Omicron, peu virulent, a entraîné une immunité collective naturelle grâce aux formes légères qu’il provoquait», explique le médecin qui révèle que les données scientifiques s’accordent sur le fait que le virus perd de sa virulence et deviendra comme une simple grippe avec le temps. Elle reste néanmoins prudente. Selon elle, la pandémie n’est pas finie tant que l’Organisation mondiale de la santé n’a pas déclaré la fin de l’état d’urgence sanitaire. «Voyez la recrudescence des cas en Chine. Celle même qui a adopté la stratégie du zéro Covid. Le pays était à zéro cas il y a à peine quelques mois. Aujourd’hui, le pays compte plusieurs centaines de cas. C’est dire qu’on peut arriver à zéro cas, mais la pandémie peut aussi reprendre si les efforts ne sont pas collectifs», a-t-elle conclu.
Walid Souahi