Zohra Drif au forum El Moudjahid : Le parcours remarquable d’une moudjahida

Le tournant qualitatif de la Révolution est incontestablement le déclenchement de la grève des étudiants du 19 mai 1956. 66 ans ans plus tard, les acteurs de cet événement se rappellent encore de cet épisode comme si c’était hier.

Invitée au forum d’El Moudjahid, ce mercredi, la moudjahida Zohra Drif est revenue sur son engagement pour une Algérie libre et prospère. En effet, elle évoque un tournant décisif dans sa vie, celui lorsque elle quitte les bancs de l’Université d’Alger pour participer à la Révolution pour la libération du pays, aux côtés de ses frères de combat. Elle évoque les circonstances de cette journée devant un parterre de journalistes et des élèves d’un collège de Baraki. L’ancienne sénatrice est revenue d’abord sur le niveau élevé de l’université de l’époque qui n’avait rien à envier à celle de Montpellier en France.
En évoquant ce haut niveau, cette moudjahida de la zone autonome a regretté que sur «les 10 millions d’Algériens, seulement 500 étaient inscrits». C’est surtout ce statut d’indigénat qui est, entre autres, l’élément déclencheur de la Révolution. Le rappel de cette journée historique devant les différentes générations d’après-guerre a fait dire à Mme Zohra Drif que «le 19 mai 1956 était un événement qui a inéluctablement contribué à éveiller les consciences et surtout à donner un nouveau souffle à la guerre de Libération».
S’agissant de son engagement aux côtés des moudjahidine, l’ex-membre du Conseil de la nation s’est rappelée de cette époque en citant sa complice Samia Lakhdari qui habitait à Saint Eugène (Bologhine) et qui cherchait, comme elle, un contact avec «El Khaoua».Ensemble, elles sont allées voir Boualem Oussedik qui les a dirigées vers un certain Ali El Hadi qu’elles ont rencontré le lendemain à la Grande Poste (Alger). C’était le début de leur engagement au maquis. Zohra Drif est revenue sur le rôle de la femme dans les rangs de l’ALN, qui ne se limitait pas à l’uniforme, car elles réalisaient d’autres tâches telles que la cuisine et la couture.
En parlant du combat dans les quartiers d’Alger, Zohra Drif a évoqué la «facilité» pour la femme de transporter des bombes dans les couffins, contrairement aux hommes dont la tâche est beaucoup plus difficile dans les quartiers européens. En choisissant de sacrifier leur avenir, les étudiants algériens avaient atteint un degré de conscience inégalable. C’est grâce à des femmes de la dimension de Zohra Drif que notre Révolution a séduit le monde entier, et le basculement du rapport de force est devenu possible.
Samira Azzegag