Zones déshéritées : Sortir de l’ombre

Impulser un élan de développement, stopper l’exode rural, sortir les zones enclavées de leur isolement, mettre fin aux disparités régionales et rendre espoir aux jeunes…Ce sont là les quelques objectifs assignés au programme de développement de ce qui est appelé zones d’ombre. Il s’agit, en fait, de rendre leur citoyenneté à des populations longtemps marginalisées parce que excentrées géographiquement. Ce grand projet national pour lequel des dizaines de milliards ont été consacrés semble sur la bonne voie, même si pour certains experts, il aurait dû être chapeauté par un organisme pour avoir une vision globale des problèmes et des solutions à apporter.

Le dossier des zones d’ombre, placé au centre du programme du président de la République,  Abdelmadjid Tebboune, dès son investiture, connaît des évolutions. Ces zones ont vu la réception de  11.208 projets de développement sur un nombre total de 24.126 à l’échelle nationale. C’est ce qu’a affirmé le médiateur de la République, Brahim Merad, dans un entretien accordé à l’agence officielle APS. Le médiateur de la République a précisé que le montant du financement alloué à ces projets est de l’ordre de 323 milliards de dinars. Ces derniers ont permis aux jeunes porteurs de projets et aux diplômés universitaires de lancer le processus de développement local dans plusieurs wilayas. Il est question, poursuit Brahim Merad, de 4.499 micro-activités financées par l’Agence nationale de gestion du microcrédit (Angem) sur un total de 6.809 projets inscrits à son niveau, soit un taux de 66%. Quant au quota des projets prévus dans le dispositif de l’Agence  nationale d’appui et de développement de l’entrepreneuriat (Anade), il est estimé à 3.012 sur un total de 4.032 projets dans pas moins de 43 wilayas.
L’autre dispositif impliqué dans l’opération de désenclavement des zones d’ombre est celui de l’Agence de développement social (ADS), censée prendre en charge le financement d’environ 278 projets, ajoute-t-il. Merad estime que c’est la première fois que «le gouvernement débourse un tel montant de financement destiné à la réalisation desdits projets». L’objectif étant, insiste-t-il, de mieux exploiter ces fonds pour améliorer le cadre de vie des citoyens et mettre sur pied des activités économiques garantissant la pérennité de la production. L’Etat envisage, dans ce cadre, la réalisation des structures de loisirs, à l’image des stades de proximité, des piscines, etc.
Evoquant la question du suivi des projets, le médiateur de la République indique qu’un groupe de  travail composé d’acteurs représentant différents départements ministériels a été mis en place. Il se penchera sur, entre autres axes, le débat concernant l’élaboration d’une plateforme numérique dédiée au suivi des programmes arrêtés dans les zones d’ombre.
Une application pour le suivi des projets
Ainsi, une application numérique a été lancée par le ministère de l’Intérieur, en vue de suivre régulièrement les réalisations et le nombre des postes d’emploi créés au niveau des 13.515 zones d’ombre recensées. Et pour avoir plus de visibilité sur les projets en question, les autorités publiques mettront la lumière sur les potentialités économiques cernées dans chacune des régions à l’effet d’épauler la population locale dans la concrétisation des projets. Dans ce sillage, il est prévu d’encourager les localités susceptibles de devenir «une région pilote» en matière de développement.
Selon le même responsable, la politique du chef de l’Etat vise à faire du citoyen le pivot de la dynamique économique, en mettant l’accent sur l’accompagnement. Dans cette optique, il est important, voit-il, de doter ces zones reculées de plus de moyens à même de surmonter les obstacles et les difficultés rencontrés par les jeunes diplômés en quête d’opportunités de travail compatibles à la spécificité de chaque région.
De même, l’Etat entend combler le déséquilibre constaté dans la gestion post-récolte de certains produits agricoles, en centrant l’investissement sur la chaîne de froid et l’industrie de la transformation agroalimentaire. Il encourage également l’exploitation des produits animaliers, tels que la viande et le lait, à même de couvrir les besoins de ces régions en la matière et en faciliter la commercialisation à travers l’organisation de diverses manifestations économiques.
Lancé en février 2020 à l’issue de la rencontre gouvernement-walis, le programme des zones d’ombre englobe pas moins de 43.198 projets à réaliser dans 13.515 zones avec une enveloppe financière de 590 milliards de dinars. Il concerne les infrastructures de base, notamment les routes, le transport, les établissements scolaires dotés d’équipements nécessaires, la santé et le raccordement en eau potable et en électricité et gaz.
A. Mehdid