Zoubir Arrous, sociologue  : «Le maintien de la cohésion sociale passe par des politiques sereines»

Le sociologue Zoubir Arrous évoque les raisons de ce qu’il considère comme cause de la «paupérisation» de la classe moyenne et subalterne.

Comment analyser l’équilibre par le prisme de la classe moyenne? Subsiste-t-elle encore au regard des problèmes économiques?
C’est une conception intellectuelle pour désigner une catégorie qui peut contribuer au développement du pays. Elle assure l’équilibre entre la classe supérieure (riche) et la classe inférieure (pauvre). Elle est le cerveau de la société et le moteur de la dynamique sociale. La classe moyenne inférieure est de plus en plus menacée par la pauvreté, avec les conséquences sociales et politiques que cela implique. Elle a carrément disparu. La classe moyenne s’est complètement disloquée, dont une partie a rejoint la classe supérieure par le biais de l’enrichissement et le gain économique alors qu’une autre partie a stagnée et reculé sous l’effet d’une situation économique aigüe. Par ailleurs, une partie importante a quitté le pays en raison des blocages et des opportunités perdues, notamment la catégorie universitaire et diplômée.
Dans le contexte actuel, quelles sont les raisons qui ont contribué à ce chevauchement ?
C’est l’effet d’une certaine politique, qui encourage les disparités sociales et ainsi qu’une certaine forme de dichotomie socio-économique. Un phénomène de polarisation peut émerger et portera les germes d’un conflit au sein de la société entre les différentes couches sociales. C’est pourquoi, il est impératif de consolider la cohésion sociale, à travers des mécanismes et des politiques sociales dans le cadre de la transparence, la justice et l’égalité. Les outputs du champ politique se répercutent sur la société ainsi que la corruption qui peut constituer un réel danger sur l’équilibre et la stabilité sociale. La situation économique actuelle est des plus difficiles car marquée par le recul et la hausse généralisée des prix des services et denrées alimentaires de première nécessité, sana compter l’effet d’annonce par les autorités publiques de revoir la politique des subventions. Il ne faut pas ignorer les effets du vent de la mondialisation néolibérale dont le monde globalisé d’aujourd’hui. L’Algérie, comme tous les autres pays, n’est pas à l’abri de métamorphoses politiques, économiques et sociales, qui s’accélèrent depuis plusieurs décennies et dont la crise sanitaire mondiale a révélé les faiblesses du système de solidarité social au sein des nations.
Entretien réalisé par Samira Azzegag